La production de cobalt de Glencore en République démocratique du Congo (RDC) a chuté de 56 % sur les neuf premiers mois de 2026, à 11 600 tonnes, contre 26 500 tonnes sur la même période en 2025. À l’inverse, sa production de cuivre a progressé de 37 %, atteignant 210 600 tonnes, contre 153 900 tonnes un an plus tôt. Ces résultats, publiés le 29 octobre 2026, concernent les deux exploitations congolaises du groupe, Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining (MUMI).
Selon Glencore, la progression du cuivre s’explique principalement par l’augmentation des volumes de minerais extraits et l’amélioration de leurs teneurs. La baisse du cobalt reflète, de son côté, les effets du régime de quotas d’exportation instauré par la RDC ainsi que la priorité accordée par le groupe à la production de cuivre.
Dans le détail, KCC a produit 158 900 tonnes de cuivre entre janvier et septembre 2026, contre 117 900 tonnes sur la même période en 2025, soit une hausse de 35 %. Mutanda affiche une progression plus forte, avec 51 700 tonnes produites, contre 36 000 tonnes un an auparavant, en hausse de 44 %.
KCC reste ainsi le principal contributeur à la production congolaise de cuivre de Glencore, avec un peu plus de 75 % des volumes enregistrés sur les neuf premiers mois de l’année. L’exploitation représente également environ 72 % des 56 700 tonnes supplémentaires produites par les deux mines par rapport à la même période en 2025.
Mutanda ne déclare aucune production de cobalt
L’évolution est particulièrement marquée à Mutanda. Alors que cette exploitation avait produit 8 800 tonnes de cobalt entre janvier et septembre 2025, Glencore ne déclare aucune production de ce métal sur les neuf premiers mois de 2026. Les données trimestrielles montrent que cette situation se prolonge depuis le début de l’année, après une production de 1 800 tonnes au quatrième trimestre 2025.
Chez KCC, la production de cobalt a également reculé, mais dans des proportions moindres. Elle s’établit à 11 600 tonnes à fin septembre 2026, contre 17 700 tonnes un an plus tôt, soit une baisse de 34 %. KCC concentre ainsi toute la production congolaise de cobalt déclarée par Glencore depuis janvier.
Cette absence de production comptabilisée à Mutanda ne signifie toutefois pas que l’exploitation a cessé ses activités ni qu’elle ne traite plus de minerais contenant du cobalt. Sa production de cuivre a, au contraire, progressé de 44 % sur la période.
Glencore explique qu’une part croissante du cobalt contenu dans les minerais mixtes est conservée en solution plutôt que transformée immédiatement en hydroxyde commercialisable. Le groupe précise que le cobalt ainsi conservé n’est pas comptabilisé dans ses statistiques de production. Cette stratégie permet également de limiter les coûts de traitement à court terme, dans l’attente d’une évolution des conditions d’exportation.
Les volumes publiés traduisent donc à la fois les contraintes créées par le régime de quotas et les arbitrages industriels opérés par Glencore entre cuivre et cobalt.
Une production orientée par les quotas
Cette évolution confirme la stratégie présentée par Glencore depuis le début de l’année. Dans un contexte de restrictions des exportations de cobalt en RDC, le groupe privilégie la production de cuivre lorsque cela présente un intérêt économique et reporte une partie du traitement final du cobalt.
Dans son rapport du troisième trimestre, Glencore indique que le régime congolais de quotas d’exportation doit rester en vigueur au moins jusqu’à fin 2027. Il précise également que KCC et Mutanda disposent de stocks suffisants pour satisfaire leurs allocations à court terme.
Selon les allocations précédemment communiquées par le groupe, Glencore prévoit de pouvoir exporter environ 22 800 tonnes de cobalt en 2026, en tenant compte du report d’une partie des quotas de 2025, puis environ 18 800 tonnes en 2027. Sur ce total, KCC disposerait respectivement d’environ 16 100 et 13 300 tonnes, contre 6 700 et 5 500 tonnes pour Mutanda.
La disponibilité de stocks réduit ainsi la nécessité de transformer immédiatement davantage de cobalt en produit commercialisable. Glencore prévoit de récupérer ultérieurement la valeur du cobalt conservé en solution à mesure que la réglementation des exportations évoluera.
Cette réorientation intervient alors que les cours des deux métaux ont fortement progressé. Sur les neuf premiers mois de 2026, le prix moyen au comptant du cuivre sur le London Metal Exchange s’est établi à 13 433 dollars la tonne, contre 9 564 dollars sur la même période de 2025, soit une hausse de 40 %.
Pour le cobalt standard grade à Rotterdam, la référence Fastmarkets retenue par Glencore s’est établie en moyenne à 25 dollars la livre, contre 14 dollars un an auparavant, soit une progression de 79 %.
Le contraste entre les volumes de cuivre et de cobalt montre ainsi comment le système de quotas congolais influence directement les arbitrages de production de l’un des principaux producteurs du pays : Glencore augmente fortement ses volumes de cuivre tout en différant une partie de la transformation du cobalt, dont il dispose déjà de stocks suffisants pour couvrir ses besoins d’exportation à court terme.
Bankable / Provinces26rdc.com
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