Guatemala : le ministre de l’Intérieur limogé après l’évasion de 20 membres de gangs

L’évasion de 20 membres de gangs « hautement dangereux » d’une prison du Guatemala a déclenché une crise politique dans le pays centraméricain qui a conduit mercredi au limogeage du ministre de l’Intérieur.

« J’ai décidé d’apporter des changements à l’équipe responsable des tâches de sécurité » et « accepté la démission de Francisco Jiménez de son poste de ministre de l’Intérieur », ainsi que celle des deux vice-ministres, a déclaré le président Bernardo Arevalo dans une allocution à la nation.

L’évasion des prisonniers membres du gang Barrio 18, qualifiée d’« inacceptable » par les États-Unis qui classent ce groupe criminel sur sa liste d’organisation « terroriste », a été rendue publique dimanche, alors que le président social-démocrate était en tournée en Europe.

De nombreuses voix se sont élevées dans le pays pour dénoncer l’inaction du gouvernement contre la criminalité.

« Je pense que c’est la plus grande crise du gouvernement jusqu’à présent […], car aux yeux des États-Unis, ce sont 20 terroristes en fuite», a déclaré à l’AFP le constitutionnaliste Edgar Ortiz.

Le gouvernement a renforcé la surveillance dans les prisons et aux frontières du Salvador, du Honduras et du Mexique, et a offert des récompenses pour la capture des fugitifs. Jusqu’à présent, un seul a été repris.

« Je pense que la crise s’est amplifiée en raison de l’absence du président. Quarante-huit heures se sont écoulées et il n’y a pas eu de déclaration présidentielle dans une crise de cette ampleur », a souligné M. Ortiz.

Avec cette évasion, la « perception d’insécurité déjà élevée va augmenter », a déclaré à l’AFP l’analyste Francisco Quezada, du Centre de recherches économiques nationales (CIEN).

M. Arevalo a annoncé la construction d’une prison de haute sécurité destinée à accueillir jusqu’à 2 000 membres de gangs. « La sécurité du Guatemala est essentielle et il n’y a pas de temps à perdre », a-t-il dit.

Le Barrio 18, comme la Mara Salvatrucha, également désigné organisation « terroriste » par Washington, sévissent essentiellement en Amérique centrale, et pratiquent notamment l’extorsion.

Le taux d’homicides au Guatemala est passé de 16,1 pour 100 000 habitants en 2024 à 17,65 cette année, soit plus du double de la moyenne mondiale, selon le CIEN.

 


TVA Nouvelles / Provinces26rdc.com

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