Une délégation de 30 journalistes venus du Centre et de l’Ouest de l’Afrique ont séjourné durant une semaine en Inde, dans le cadre d’une visite de familiarisation, sous les hospices du gouvernement indien.
Durant ces jours riches en couleur à la découverte d’un pays résilient en défi permanent vers le progrès et d’une culture complexe dont les fondements remontent à des millénaires, New Delhi la capitale et Gujarat, un État de l’Ouest, ont accueilli la délégation des journalistes.
A New Delhi, Shri P. Kumaran, secrétaire spécial au ministère des affaires étrangères, l’a reçue. Les discussions ont principalement tourné autour du développement des pays du Sud dont le terme ”Global South”, au-delà d’une position géographique, considère les expériences historiques communes : ”le colonialisme, les luttes pour l’indépendance, l’exploitation économique et le manque de représentation dans la gouvernance mondiale”, a-t-il évoqué. L’Inde envisage un avenir commun avec le Global South. Sa présidence au sommet du G20 tenu en 2023 leur a permis d’accorder la priorité aux préoccupations des pays en développement. Ainsi, l’inclusion de l’Union africaine en tant que membre permanent va donner force à la voix du Global South et renforcer ce dialogue, a laissé entendre P. Kumaran.

Les échanges sur les enjeux de ce séjour ont ouvert la voie à des rencontres et visites guidées dans les deux villes.

Après Delhi Haat INA (New Delhi), un marché où l’on se procure des articles contemporains comme traditionnels fabriqués par des artisans venus des milieux ruraux, la délégation a visité le musée national où se raconte l’histoire des différentes cultures et peuples ayant vécu deux mille ans voire plus avant J. C., certaines muettes ne sauront être contées, les codes méconnus n’ont pu être déchiffrés. Le musée est composé de plusieurs galeries, celle de Boudha est la plus éloquente avec une chambre particulière dans laquelle ses reliques sont conservées.

Rien n’est laissé-pour-compte dans ce pays qui a l’art dans l’âme, un héritage bien conservé. L’histoire en soi de ce pays célèbre l’unité dans la diversité, est une attraction.

A Sabarmati Ashram, l’une des résidences du Mahatma Gandhi muée en musée attire aussi bien des touristes que les citoyens. Ceux-ci marqués par leur passé avec un réel sentiment d’appartenance à une nation y trouvent leur repère. L’histoire n’est pas qu’enseignée mais un réel vécu à travers des vestiges et des monuments qui rappellent le combat des pères fondateurs. A l’image de la statue de l’unité (Gujarat) dont la hauteur traduit son rôle dans l’intégration politique de l’Inde, Sardar Vallabhbhai Patel du haut de ses 182 mètres, n’a pas encore achevé son œuvre. La construction du site qui l’abrite a contribué au développement de la cité. Des activités lucratives y ont vu le jour donnant de l’emploi aux autochtones qui ne tarissent des éloges sur le désenclavement et les moyens de subsistance dont ils sont désormais pourvus.

De l’Institut national du design (NID), l’Institut indien de management (IIM) à la Press trust of india (PTA), les échanges ont été instructifs.


Inde : Lakhpati didi, un modèle à succès d’autonomisation des femmes rurales

”Le développement par les femmes est une puissance supplémentaire qui fera avancer la nation”, considère le Premier ministre Narendra Modi dont l’engagement d’autonomiser la femme, particulièrement celle rurale, n’est pas qu’un slogan.
Le gouvernement indien, à travers le ministère du développement rural, a mis en place un programme phare ”Deendayal Antyodaya Yojana – organisation nationale sur les moyens de subsistance en milieu rural (DAY – NRLM) afin de réduire la pauvreté en promouvant des moyens de subsistance pour les femmes rurales. Ce, depuis 2011, que l’organisation mobilise des groupes d’entraide (SHGs), des plateformes robustes, afin de leur permettre de développer leurs compétences, d’accéder à des crédits et à des opportunités économiques grâce aux moyens de subsistance. L’effort collectif de l’organisation a permis de réunir plus de 100 millions de femmes dans 9,1 millions des groupes d’entraide générant plus de 114 billions USD.
Lakhpati didi est un groupe d’entraide membre dont le revenu annuel des ménages a atteint 1200 usd pendant au moins 4 saisons agricoles les rendant capables de multiplier les activités génératrices des revenus dans le secteur agricole et non agricole. Ce groupe bénéficie du soutien du gouvernement en termes de moyens et diverses formations.

« Lorsqu’un groupe se forme, 10 à 12 sœurs démarrent une activité de subsistance. Un groupe reste un groupe d’entraide. Mais j’ai expérimenté, grâce à vos efforts et à votre résolution, qu’un auto-groupe évolue en un groupe pour aider notre nation. l’Inde progressera, une puissance supplémentaire la fera avancer : c’est le développement dirigé par les femmes. Nous avons un objectif d’atteindre 20 millions de Lakhpati didi, les groupes travaillent pour y parvenir », soutient le Premier ministre, Narendra Modi.
Au cours de l’exposition Saras Aajeevika Mela organisé par le ministère du développement rural et ses partenaires à la fin du mois d’octobre 2024, à New Delhi, un modèle Lakhpati didi a partagé son expérience.

Balinee, compagnie de production de lait de Bundelkhand, une région qui fait face à des zones arides, aux sécheresses récurrentes, à la pauvreté et migration, a transformé la vie de beaucoup de femmes rurales. Détenue exclusivement par les femmes, en 2019, elle comptait 9000 membres et 71.000 actuellement. Le réseau de son approvisionnement dispose de 966 points de mutualisation et centres de stockage du lait, générant plus de 150 millions USD. Des chiffres qui influencent la vie des femmes des groupes d’entraide. L’augmentation de leur nombre dans l’industrie laitière a réduit la migration et boosté l’économie rurale mettant un point d’honneur sur l’inclusion financière.

Saraz Aajeevika est un festival qui expose les produits ruraux magnifiquement fabriqués et d’arts traditionnels réalisés par des femmes rurales, artisans des groupes d’entraide.

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