Japon : la Première ministre Takaichi veut des élections anticipées pour consolider sa majorité

C’était attendu et c’est désormais confirmé par des hauts cadres du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir : la Première ministre japonaise Sanae Takaichi veut dissoudre la chambre basse du Parlement, le 23 janvier, date de l’ouverture de la session parlementaire. Cette dissolution ouvrira la voie à des élections législatives anticipées, qui pourraient se tenir probablement le 8 février 2026. Pourquoi cette dissolution et pourquoi maintenant ?

Le timing est éminemment politique, car ultra-favorable à Sanae Takaichi. Son cabinet bénéficie d’une popularité record, autour de 70% d’opinons favorables, selon de récents sondages.

« Son taux de popularité se maintient depuis qu’elle a été élue il y a trois mois. Donc c’est le bon moment pour elle de dissoudre, si elle veut en tirer parti », analyse Guibourg Delamotte, maître de conférence à l’Inalco et chercheuse à l’Ifrae.

Le moment semble idéal, donc, pour convoquer des élections anticipées et grignoter de nouveaux sièges au Parlement.

Grignoter de nouveaux sièges

Le camp de Mme Takaichi, issue du Parti libéral démocrate (PLD), rappelle l’universitaire, « n’a qu’une majorité relative, pas absolue, si bien que c’est compliqué pour elle de gouverner » jusqu’à présent. L’alliance qui a été trouvée à la chambre basse est courte. La dirigeante conservatrice est entravée dans sa capacité à faire adopter son ambitieux programme politique.

Cette alliance avec le Parti de la restauration (ou innovation, selon les traductions) « n’a pas encore été testée dans les urnes, donc on verra comment elle fonctionne, précise Mme Delamotte. Il faut éventuellement s’entendre sur une répartition des circonscriptions, ce qui peut être difficile. Il y a la possibilité également qu’elle s’entende avec un autre parti, le Parti démocrate du peuple, de centre droit. Le rapprochement a été amorcé. »

Attendue sur l’économie nippone

Une majorité plus confortable lui permettrait d’avoir le dernier mot notamment sur le budget record d’environ 659 milliards d’euros, approuvé par son gouvernement, mais qui doit obtenir l’approbation parlementaire.

En dehors du programme budgétaire, Takaichi espère aussi avoir la voie libre pour avancer sur les réformes sécuritaires et une possible révision de la Constitution qui depuis 1945 n’autorise plus le Japon à déclarer la guerre.

« Là où les électeurs attendent le plus la Première ministre, c’est sur les questions économiques, c’est à dire le soutien à la croissance, à la natalité, et surtout en premier, la lutte contre l’augmentation des prix », insiste Guibourg Delamotte.

 


rfi / Provinces26rdc.com

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