Le Comité international olympique a annoncé, mardi, la levée d’une partie des restrictions imposées aux sportifs russes. Si ceux-ci pourront participer aux JO de Los Angeles en 2028, l’instance sportive basée à Lausanne.ne leur rend pas pour l’instant leur hymne et leur drapeau.
Plus de quatre ans après l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, le Comité international olympique (CIO) a levé, mardi 7 juillet, une partie des restrictions imposées aux sportifs russes, qui pourront viser les JO 2028 de Los Angeles même dans les sports d’équipe.
« Nous voulions garantir à tous les athlètes la possibilité de participer aux Jeux olympiques et de ne pas être tenus responsables des actes de leur gouvernement », a déclaré à la presse Kirsty Coventry, la patronne de l’instance olympique.
À la différence des Biélorusses, pleinement réintégrés début mai, les Russes ne retrouveront pas dans l’immédiat leur hymne et leur drapeau, et subiront un suivi antidopage renforcé, précise le CIO.
Au vu « du scepticisme de la communauté sportive mondiale », chaque athlète russe « reprenant le chemin des compétitions internationales » devra ainsi se soumettre à « plusieurs tests » au préalable, surveillés par l’Agence de contrôles internationale (ITA), détaille sa commission exécutive dans un communiqué.
Si leurs liens avec l’armée ou les services de sécurité ne seront plus surveillés, pas plus que leurs positions sur la guerre en Ukraine, les futurs sélectionnés pour les JO devront « servir de modèles » capables de promouvoir « une société pacifique par le sport », poursuit le CIO.
Une décision « prématurée, infondée », déplore Kiev
Ces réserves n’ont pas empêché Moscou de se féliciter que le mouvement olympique « reste en dehors de la politique », par l’intermédiaire de son ministre des Sports, Mikhaïl Degtyarev, qui s’est exprimé sur Telegram.
À l’inverse, l’Ukraine a protesté contre une décision que le Comité olympique ukrainien juge « prématurée, infondée et adoptée sans tenir compte des circonstances objectives qui restent inchangées : la Russie poursuit son agression armée à grande échelle contre l’Ukraine ».
L’organisation Global Athlete, qui œuvre pour donner la parole aux sportifs, s’est désolée que « des violations flagrantes et répétées de la Charte olympique n’entraînent aucune conséquence », qu’il s’agisse des scandales de dopage ou de l’invasion de l’Ukraine.
Dans l’immédiat, le retour des Russes dans le sport mondial va se poursuivre dans un « paysage fracturé » en fonction des disciplines, prévient Pierre Ducrey, le directeur des sports au sein du CIO.
Ainsi, World Athletics, qui régit l’athlétisme mondial, a maintenu vendredi dernier l’exclusion totale des Russes comme des Biélorusses, relevant qu’aucune « avancée concrète vers des négociations de paix ne s’éta(it) matérialisée ».

Des membres de la délégation russe lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Milan-Cortina à Vérone, le 6 mars 2026. © Stefano Rellandini, AFP
À l’inverse, les instances mondiales du judo puis de la natation n’ont pas attendu le feu vert du CIO pour pleinement réintégrer les sportifs des deux pays – respectivement en novembre et avril –, tout comme l’avait fait le Comité international paralympique pour les Jeux de Milan-Cortina.
À deux ans des JO de Los Angeles, le CIO ouvre dès cet été les qualifications aux Russes mais se prononcera « en temps voulu sur l’utilisation, lors des Jeux olympiques, du drapeau, de l’hymne et des couleurs russes, ou de tout autre symbole ».
L’instance olympique n’organisera pas non plus d’événements en Russie et n’invitera pas de représentants de l’État russe. Elle a levé « à titre provisoire » la suspension du Comité olympique russe (ROC) prononcée à l’automne 2023, mais suivra « de près » ses activités dans les territoires ukrainiens occupés.
« Préserver la neutralité du sport »
Nation sportive majeure, la Russie est depuis 2016 privée de ses couleurs dans l’arène olympique, d’abord en raison d’un scandale de dopage orchestré par l’État, qui lui a valu de concourir sous le drapeau olympique (2018) puis celui du ROC (2021 et 2022).
Et à peine les JO d’hiver de Pékin refermés, en février 2022, l’armée russe lançait son invasion à grande échelle de l’Ukraine avec l’appui de la Biélorussie, déclenchant une série de sanctions sportives à la mesure de l’indignation occidentale.
Après une période de bannissement total, le CIO avait progressivement réintégré les athlètes à partir de mars 2023 sous bannière neutre, conditions strictes et hors épreuves par équipes, notamment aux JO 2024 de Paris et à ceux de Milan-Cortina.
Kirsty Coventry multipliait depuis plusieurs mois les déclarations annonciatrices d’une réintégration plus complète, insistant sur l’importance de « préserver la neutralité du sport, un espace où chaque athlète peut concourir sans être entravé par la politique ».
Fin juin, lors de la 146e session de l’instance à Lausanne, ce principe a même été renforcé dans la Charte olympique – qui enjoint désormais à l’organisation d’agir « à l’abri de toute pression gouvernementale, culturelle, sociétale ou économique » –, sans que les conséquences pour les Russes ne soient alors discutées par la centaine de membres.
Par ailleurs, dès décembre, le CIO avait recommandé le retour avec hymne et drapeau des Russes et Biélorusses dans les compétitions juniors, sports collectifs inclus.
AFP / France24 / Provinces26rdc.com
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