RDC : Jean Thierry Monsenepwo adresse une lettre ouverte au cardinal Fridolin Ambongo et défend le débat sur la Constitution

Ce mardi 7  juillet 2026, Pca Jean Thierry Monsenepwo a rendu publique, mardi 7 juillet, une lettre ouverte adressée au cardinal Fridolin Ambongo. Dans ce texte, l’ambassadeur et président du Conseil d’administration (PCA) réagit aux récentes déclarations de l’archevêque métropolitain de Kinshasa sur la situation sociale du pays et le débat autour de la Constitution.

Dès l’entame de sa lettre, il affirme écrire « avec le respect dû à votre ministère sacerdotal, mais aussi avec la liberté que me donnent ma foi chrétienne catholique et mon amour pour la République démocratique du Congo et ses institutions ».

En réponse aux propos du cardinal selon lesquels « le peuple a faim » et qu’on lui « sert le débat sur la Constitution », Jean Thierry Monsenepwo pose une question : « Qui vous a dit que les Congolais étaient incapables de débattre à la fois de leur quotidien et de leurs institutions ? » Il poursuit : « Permettez-moi aussi de vous répondre avec un langage que ni les émotions ni les idéologies ne peuvent contester : celui des faits. »

Reconnaissant les difficultés auxquelles fait face la population, il estime toutefois qu’il est faux d’affirmer qu’aucun progrès n’a été accompli. « Oui, le peuple souffre (…). Oui, des millions de Congolais attendent davantage. C’est légitime. Mais, par contre, non, il est inexact de laisser croire que rien n’a été entrepris sur le plan social depuis 2019. Car les chiffres, eux, ont la mémoire que les discours oublient parfois. »

Pour étayer son argumentation, il met en avant plusieurs réalisations du gouvernement, notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité, les investissements dans les infrastructures, l’amélioration de l’accès à l’électricité ainsi que les efforts consentis en faveur des agents publics et des militaires.

Il résume sa position en ces termes : « Est-ce suffisant ? Non. Mais est-ce honnête de prétendre qu’il ne s’est rien passé ? Certainement pas. »

Sur la question de la révision ou du changement de la Constitution, Jean Thierry Monsenepwo défend l’ouverture d’un débat national. « Lorsque certains citoyens souhaitent simplement ouvrir un débat sur une éventuelle révision ou un changement de cette Constitution, pourquoi ce débat deviendrait-il interdit avant même d’avoir commencé ? Depuis quand discuter constitue-t-il une violation de la démocratie ? », s’interroge-t-il.

Il poursuit : « Une Constitution n’est pas un texte sacré. La Bible est sacrée. La Constitution est une œuvre humaine (…). Elle peut évoluer selon les mécanismes prévus par la loi fondamentale, si le peuple souverain en décide ainsi. »

Pour lui, la décision finale ne peut appartenir qu’à la population. « Le dernier mot appartient au peuple. Ni au Président de la République. Ni à l’opposition. Ni aux évêques. Ni aux intellectuels. Au peuple. Et justement le chef de l’État veut que le peuple en décide. Voilà un démocrate. Voilà le principe même de la souveraineté populaire. »

S’adressant directement au cardinal Fridolin Ambongo, Jean Thierry Monsenepwo rappelle ce qu’il considère comme la mission de l’Église. « Vous êtes le pasteur des pauvres. Mais vous êtes aussi le pasteur de ceux qui gouvernent, de ceux qui combattent pour la République, de ceux qui enseignent gratuitement, de ceux qui administrent l’État, de ceux qui ne pensent pas comme vous. Votre mission n’est pas d’opposer les Congolais. Elle est de les rassembler. »

En conclusion, l’auteur de la lettre affirme qu’il continuera à prier pour le cardinal, le président de la République, les institutions et les forces de défense. Il conclut par cet appel : « Je continuerai de croire qu’aucune République ne peut avancer lorsque les chiffres sont ignorés, que les efforts sont systématiquement passés sous silence et que le débat démocratique est présenté comme un danger. Que Dieu bénisse l’Église catholique. Que Dieu bénisse la République démocratique du Congo. Et que Dieu nous donne, à tous, le courage de préférer la vérité aux passions. »

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