Le président honoraire de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, est monté au créneau pour dénoncer le projet de révision constitutionnelle porté par le pouvoir en place. Dans un message adressé au peuple congolais ce 11 juin 2026, l’ancien chef de l’État a exprimé sa ferme opposition à toute modification de la Constitution, qu’il considère comme une menace pour la démocratie et la stabilité du pays.
Dans cette déclaration, Joseph Kabila affirme que les intentions du pouvoir ne font désormais plus de doute. Selon lui, l’adoption de la loi référendaire par l’Assemblée nationale constitue une preuve de la volonté de modifier la loi fondamentale.
« Par sa voix la plus autorisée, puis à travers l’adoption de la loi référendaire à l’Assemblée nationale, le pouvoir vient de lever toute ambiguïté sur ses véritables intentions : il entend changer la Constitution, expression suprême du pacte républicain qui unit les diverses composantes de la Nation congolaise, et qui constitue le fondement même de notre vivre-ensemble. Il ne s’agit donc pas d’allégations, de rumeurs ou de suppositions. Il ne s’agit pas non plus d’accusations formulées par l’opposition pour discréditer le régime, comme ce fut le cas en 2015 et en 2016. Nous sommes plutôt face à un choix politique assumé, revendiqué et publiquement défendu par ceux qui exercent le pouvoir », déclare-t-il.
L’ancien président va plus loin en accusant les autorités de porter atteinte aux principes constitutionnels et démocratiques du pays.
« La forfaiture est manifeste. La trahison de son serment constitutionnel par le premier d’entre eux, est désormais incontestable et de notoriété publique. Personne ne pourra donc prétendre, demain, qu’il ne savait pas. Un pas décisif vient d’être franchi vers la consolidation de la tyrannie et l’instauration d’un pouvoir sans limite prévisible, ni perspective crédible d’alternance politique démocratique », affirme-t-il.
Face à ce qu’il qualifie de menace contre l’ordre constitutionnel, Joseph Kabila invoque explicitement l’article 64 de la Constitution de la République démocratique du Congo. Il rappelle que les citoyens ont, selon lui, une responsabilité directe dans la défense de la loi fondamentale.
« Face à la décision du pouvoir, de changer la Constitution, en dépit des risques certains que cela fait courir au pays, je me dois donc de rappeler que l’article 64, alinéa premier de notre Constitution dispose que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exerce le pouvoir en violation de la Constitution. Il ne s’agit pas seulement d’un droit. Il s’agit d’un devoir patriotique », soutient-il.
Dans la foulée, le président honoraire appelle à une mobilisation générale des forces politiques, sociales et citoyennes pour empêcher la révision constitutionnelle et préserver ce qu’il considère comme les acquis démocratiques du pays.
« En conséquence, je marque ma ferme opposition à ce projet de changement de la Constitution attentatoire au contrat social, et en appelle à un sursaut national, et à la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation, sans distinction d’origine, de province, de religion, de langue, de condition sociale ou d’appartenance politique. J’exhorte chacune et chacun de vous à soutenir massivement toutes les initiatives, et à participer activement à toutes les actions, annoncées ou qui vont être annoncées, par les forces politiques et sociales, engagées dans la défense de la Constitution et de nos acquis démocratiques », poursuit-il.
Joseph Kabila invite également les citoyens à s’organiser à la base afin de surveiller et dénoncer toute atteinte aux libertés publiques et aux principes de bonne gouvernance.
« Que chaque famille, chaque avenue, chaque quartier, chaque village et chaque ville de notre pays devienne un mirador pour la détection précoce et la dénonciation des atteintes aux libertés publiques, aux droits des citoyens et aux exigences de bonne gouvernance. Qu’ils soient autant de cellules de résistance citoyenne et de défense de la démocratie », conclut-il.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo, un sujet qui continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique et de la société civile.
Tazama RDC / Provinces26rdc.com
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