« Mettre fin au mariage d’enfants et investir dans les droits des filles », tel est le thème retenu cette année pour la célébration de la Journée internationale de la fille, commémorée le 11 octobre de chaque année. Cette journée vise à attirer l’attention de la communauté internationale sur les défis particuliers auxquels sont confrontées des millions de filles à travers le monde et à promouvoir leurs droits fondamentaux.
Selon l’UNESCO, environ 133 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées dans le monde. L’organisation souligne que l’éducation demeure l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre la pauvreté, les mariages précoces et les unions forcées, qui continuent de compromettre l’avenir de nombreuses adolescentes.
La Journée internationale de la fille a notamment pour objectif de mettre en lumière les besoins, le potentiel et les droits des filles et des adolescentes. Elle dénonce également les obstacles liés au genre et à l’âge, notamment les mariages d’enfants, la déscolarisation, les violences basées sur le genre ainsi que les grossesses précoces.
Cette journée constitue aussi une occasion de promouvoir un accès équitable à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités socio-économiques, afin de permettre aux filles de devenir de véritables actrices du changement au sein de leurs communautés.
Pour marquer cette célébration, plusieurs activités de sensibilisation seront organisées. La Police des Nations Unies (UNPOL) apportera son appui à travers des actions de prévention des violences, de promotion des droits humains et de renforcement de la sécurité communautaire.
Parmi les initiatives prévues figurent des émissions radiophoniques spéciales, destinées à informer, sensibiliser et mobiliser les populations sur la protection des filles. Ces émissions mettront l’accent sur les conséquences des mariages précoces, l’importance de l’éducation des filles et le rôle de chaque acteur dans leur protection.
Cette campagne de sensibilisation contribuera à renforcer la prise de conscience collective sur la responsabilité des familles, des leaders communautaires, des autorités locales et des institutions de sécurité dans la prévention des violences faites aux filles et dans la promotion de leurs droits.
À travers cette journée, la communauté internationale réaffirme ainsi son engagement à construire un environnement où chaque fille peut grandir en sécurité, poursuivre sa scolarité, réaliser son potentiel et participer pleinement au développement de la société.
Journée internationale de la fille : la RDC fait reculer le mariage des enfants de 37 % à 29 %, annonce la ministre Micheline Ombae

Le monde célèbre ce 11 octobre la Journée internationale de la fille. À Kinshasa, elle a coïncidé avec la clôture de la 12e édition du Forum international des élites féminines, une première en RDC. Placée sous le thème « Mettons fin au mariage des enfants et investissons dans les droits des filles ! », la cérémonie a permis à la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, de faire du mariage précoce l’axe central de son allocution.
Un recul à consolider

Devant des parlementaires, des diplomates, dont la ministre déléguée chargée de l’Éducation du Tchad, et des partenaires, dont l’Unicef, la ministre a salué des progrès tangibles : le taux de mariage des enfants est passé de 37 % à 29 %. « L’action publique peut produire des résultats », a-t-elle estimé, avant de nuancer : le pays ne saurait se satisfaire d’avancées « tant que la dernière fille demeure exposée à cette pratique ».
Micheline Ombae Kalama a rappelé qu’environ 650 millions de femmes et de filles vivent dans le monde avec les conséquences d’une union contractée durant l’enfance, et que l’Afrique subsaharienne reste particulièrement touchée. Elle a invoqué la Déclaration de Dakar du 11 octobre 2025, par laquelle les filles africaines réclament le droit d’étudier et de voir leurs droits respectés.
Les filles de l’Est, premières exposées
La ministre a mis en garde contre l’impact du conflit dans l’Est du pays, où, selon elle, les déplacements forcés, la promiscuité dans les camps et la déscolarisation exposent davantage les filles aux violences et aux unions précoces. Elle a imputé cette situation à la guerre menée par l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda.
Agir sur les causes profondes
Pour la ministre, la lutte contre ce fléau ne peut se limiter aux lois et à la sensibilisation. Elle doit s’attaquer à la pauvreté, aux inégalités et à la dépendance économique, en garantissant aux filles l’accès à l’éducation, à la santé, à la formation professionnelle et aux opportunités économiques.
Le gouvernement s’appuie notamment sur le programme présidentiel « Debout jeune Congolais », la Politique nationale de l’enfant, récemment validée, et la campagne « Tolérance zéro immédiate ». Son ministère entend poursuivre l’agenda national de la fille et réviser le Plan d’action national pour mettre fin aux mariages d’enfants.
La ministre Ombae a enfin lancé un appel aux décideurs, aux partenaires, à la société civile, aux familles et aux leaders communautaires. Elle a aussi interpellé les hommes et les garçons, invités à devenir des alliés au nom de la « masculinité positive ».
Radio Okapi / Provinces26rdc.com
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