Ce mardi 28 juillet 2026, c’est l’interrogation soulevée par le professeur Kin-Kiey Mulumba, enseignant d’université et homme politique, dans une publication sur son compte X, ouvrant ainsi un débat de société sur les priorités du pays. Pourquoi les débats publics en République démocratique du Congo sont-ils largement dominés par la politique au détriment des questions liées au développement ?
À travers son message, le professeur Kin-Kiey Mulumba déplore la place prépondérante qu’occupe la politique dans l’espace public congolais, alors que d’autres thématiques, qu’il juge essentielles pour l’avenir de la RDC, restent insuffisamment abordées.
« Pourquoi la politique domine tant au Congo ? Pourquoi ne débat-on pas de l’économie, de l’écologie (carbone) avec ses milliards de dollars américains endormis dont d’autres pays tirent profit, des infrastructures dont le pays est tant dépourvu, de la vie au jour le jour, de la défense et de la sécurité ? », s’interroge-t-il.
À travers cette réflexion, l’ancien ministre invite les acteurs publics, les médias, les universitaires et les citoyens à réorienter les discussions vers des enjeux susceptibles d’accélérer le développement économique et social du pays.
Un débat qui trouve un écho
La publication a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Parmi elles figure celle de Jenny Ngalula, cadre du parti politique Alliance pour le Changement (ACh) de Jean-Marc Kabund, qui partage largement cette analyse.
« La politique est importante, mais elle ne devrait pas occuper toute la place. Pendant que nous passons notre temps à nous diviser sur les acteurs politiques, nous négligeons les véritables enjeux qui déterminent l’avenir du Congo. Pourquoi débat-on si peu de l’économie, de la valorisation de notre potentiel écologique et du marché du carbone, qui représente pourtant des milliards de dollars ? Pourquoi parlons-nous si rarement des infrastructures, alors que le pays en manque cruellement ? Pourquoi la vie quotidienne des citoyens, la création d’emplois, l’éducation, la santé, ainsi que la défense et la sécurité nationale ne sont-elles pas au cœur de nos discussions ? », a-t-elle écrit.
Pour cette responsable politique, les priorités nationales devraient davantage porter sur les politiques publiques susceptibles d’améliorer concrètement les conditions de vie de la population.
Le rôle des médias dans le débat public
La réflexion relance également la question de la responsabilité des médias dans la hiérarchisation de l’information. Plusieurs analystes estiment que la couverture médiatique en RDC accorde une place prépondérante à l’actualité politique, parfois au détriment des questions économiques, scientifiques, environnementales, éducatives ou encore sanitaires.
Ils considèrent qu’un meilleur équilibre éditorial permettrait de mettre davantage en lumière les initiatives entrepreneuriales, les innovations, les recherches scientifiques, les défis environnementaux, les infrastructures, ainsi que les politiques publiques en matière d’emploi, de santé ou d’éducation.
Dans un contexte où la RDC fait face à d’importants défis de développement, certains observateurs plaident pour un débat public plus diversifié, capable de mobiliser aussi bien les responsables politiques que les experts, les universitaires, les entrepreneurs et les acteurs de la société civile.
Il sied de noter qu’au-delà de la polémique politique quotidienne, la question posée par le professeur Kin-Kiey Mulumba invite à une réflexion plus large sur la qualité du débat public en République démocratique du Congo et sur les sujets qui méritent d’être placés au cœur des préoccupations nationales afin d’accompagner le développement durable du pays.
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