La visite de Zelensky en Pologne “éclipsée” par la crise des céréales ukrainiennes

Les agriculteurs polonais continuent de protester contre l’arrivée de la production ukrainienne sur leur sol, tirant les prix vers le bas. Le jour même de l’arrivée du président ukrainien à Varsovie, le ministre de l’Agriculture polonais présentait sa démission, déplorant son incapacité à obtenir des mesures de la part de Bruxelles.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est arrivé en Pologne, mercredi 5 avril, pour sa première visite officielle chez son voisin depuis son arrivée au pouvoir, en 2019. Son séjour ne devrait durer qu’une journée, le temps d’une rencontre avec son homologue, le président Andrzej Duda, et le Premier ministre, Mateusz Morawiecki. Comme le remarque CNN, les relations entre les deux pays, parfois tumultueuses au fil de l’histoire, se sont renforcées depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine. Volodymyr Zelensky ne s’y est pas trompé et a déclaré :

“Vous n’avez pas abandonné l’Ukraine, vous vous êtes tenus à nos côtés, et nous vous en sommes reconnaissants.”

La Pologne est devenue un pays de transit, notamment pour les livraisons d’armes à l’Ukraine. Elle a elle-même déjà livré quatre avions de chasse Mig-29 à Kiev, est en train d’assurer la livraison de quatre autres et prévoit d’envoyer six appareils supplémentaires. Surtout, 1,5 million d’Ukrainiens se sont réfugiés de l’autre côté de la frontière.

La bonne entente entre les deux leaders a pourtant été “éclipsée par une crise politique”, annonce Politico. Le jour même de la venue du président ukrainien, le ministre de l’Agriculture, Henryk Kowalczyk, a démissionné, constatant son incapacité à obtenir une baisse des quantités de produits agricoles ukrainiens arrivant sur le sol polonais.

Le mécontentement des agriculteurs polonais grandit face à l’afflux de blé et de maïs d’Ukraine : ces céréales avaient vocation à être exportées sur les marchés mondiaux, mais la plupart se sont entassées en Pologne, participant à une baisse généralisée des prix. Le ministre s’était fendu d’une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, réclamant notamment la réintroduction de droits de douane pour les produits agricoles ukrainiens. Ces derniers entrent en effet sur le sol de l’Union en passant par la frontière polonaise. “Étant donné qu’il apparaît clair que les revendications des fermiers ne seront pas entendues par la Commission européenne, j’ai pris la décision de démissionner de mon poste de ministre de l’Agriculture et du Développement rural”, a annoncé Henryk Kowalczyk dans un communiqué.

Pour le site établi à Bruxelles, la colère du monde rural ne peut être prise à la légère par le gouvernement. C’est un “enjeu politique majeur pour le parti au pouvoir, Droit et Justice (PiS)”. Le vote des agriculteurs pourrait s’avérer crucial, à l’approche des élections législatives de l’automne prochain.


courrier international / Provinces26rdc.com

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