Léon XIV : le pape poursuit son voyage apostolique au Cameroun, terre de divisions

Après l’Algérie, le pape Léon XIV poursuit sa tournée en Afrique et se rend dès ce mercredi 15 avril au Cameroun, deuxième étape de ce voyage apostolique. Le Saint-Père doit y rester jusqu’au 18 avril.

La seconde étape de ce voyage africain. Ce mercredi 15 avril, le pape Léon XIV se rend au Cameroun pour un voyage apostolique. Une visite délicate dans cette «Afrique en miniature» où l’Église, pilier de la société mais elle-même traversée par les divisions nationales, l’attend comme l’artisan d’une réconciliation devenue vitale.

Antoine Zanga, ambassadeur du Cameroun près le Saint-Siège et vice-doyen du corps diplomatique, a expliqué : «Nous attendons un message de paix du pape, c’est essentiel pour un pays qui est confronté depuis des années à des tensions qui nuisent gravement à sa cohésion sociale».

Un avis partagé par les autorités ecclésiales : «Le pape se présente comme un messager de la paix, un ambassadeur de la réconciliation et un défenseur de la justice», a assuré Mgr Andrew Nkea, président de la Conférence épiscopale camerounaise, dans un entretien accordé à Vatican News.

En 2021, le pape François avait envoyé le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, en visite d’Etat au Cameroun. Le but du voyage de l’Italien, à la tête de la diplomatie vaticane depuis 2013, était d’encourager les initiatives en faveur de la paix, notamment face au grave conflit armé qui déchire la partie anglophone du pays où le gouvernement affronte une mouvance séparatiste depuis 2017.

«La visite s’était très mal passée», a confié un diplomate africain qui a suivi de près le dossier. Elle avait révélé l’importance des tensions, même au sein de l’Église catholique du pays. Peu après, l’unique cardinal du pays, Christian Wiyghan Tumi, avait été enlevé par des séparatistes dans le Nord, puis libéré, avant de s’éteindre quelques mois plus tard, laissant le pays orphelin d’un grand artisan du dialogue. «C’était une figure remarquable qui laisse un grand vide», a assuré Antoine Zanga.

Le Cameroun face au défi de l’unité

Comme le soulignent souvent les prospectus touristiques, le Cameroun est «l’Afrique en miniature», marqué par une grande diversité de paysages, des zones désertiques du Sahel au nord aux forêts tropicales au sud. Cela vaut aussi pour les religions, avec une forte présence musulmane au nord et des populations chrétiennes (catholiques et protestantes) dans le reste du pays. On y dénombre également 250 langues, en plus du français et de l’anglais, et 200 ethnies, a souligné Antoine Zanga, évoquant un «défi de l’unité» de chaque instant.

Des tensions religieuses, liées à une présence terroriste islamiste, ou ethniques complètent le tableau. «C’est un pays de guerre civile où il y a toujours des tensions. Les guerres civiles, cela laisse des traces, c’est ce qu’il y a de pire», a expliqué une source romaine, rappelant la difficile guerre d’indépendance.

«Cependant, le cœur du voyage de Léon, c’est le pastoral», a assuré ce bon connaisseur de l’Afrique. «Car les tensions qui existent dans le pays sont systématiquement reproduites dans l’Église», a-t-il expliqué, notant que certaines voix ecclésiales ont même tenté de décourager le pape de venir, craignant une récupération politique.

«Une toute petite minorité de prêtres et d’évêques», a relativisé Antoine Zanga, qui évoque «des raisons politiques». «Cela n’a pas marché ; aujourd’hui, 95% des Camerounais sont contents de la venue du pape», a-t-il assuré.

L’actuel président de la conférence épiscopale du Cameroun, Mgr Andrew Nkea, qui est anglophone, est l’une des rares personnalités à réussir à faire le pont entre les deux groupes linguistiques, a noté un diplomate romain. «Mais ce n’est pas simple, pour l’Église comme pour toute la société», a-t-il assuré, estimant que malgré la bonne volonté du gouvernement, il existe de réels risques sécuritaires lors de ce voyage.

L’Église catholique joue un rôle «crucial» et «extraordinaire» au Cameroun, notamment dans les domaines éducatif, social et médical, a rappelé Antoine Zanga , ajoutant : «Elle assiste l’État et parfois même le précède».

«L’Église a été structurante pour le Cameroun, un pays de travailleurs qui s’est construit sans ressources minières et avec très peu de pétrole», a ajouté la source diplomatique romaine, qui estime que Léon XIV aura un vrai «levier» pour donner un nouvel élan au pays afin de l’aider à surmonter ses divisions.


CNEWS / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*