L’Iran a annoncé samedi « fermer » le détroit d’Ormuz en réaction aux frappes israéliennes sur le Liban qui ont fait au moins 24 morts dans la journée. Des négociations doivent commencer dimanche en Suisse entre Téhéran et Washington en vue d’un accord sur la fin du conflit au Moyen-Orient.
Téhéran a déclaré samedi 20 juin « fermer » le détroit d’Ormuz en représailles aux frappes israéliennes sur le sud Liban, malgré un accord de cessez-le-feu entre le pays du Cèdre et l’État hébreu. Le Pakistan, pays médiateur, a confirmé des discussions dimanche entre l’Iran et les États-Unis en Suisse à Bürgenstock.
Le commandement central de l’armée iranienne a annoncé que « le détroit d’Ormuz sera(it) fermé au trafic maritime », une « première mesure en réponse à la violation des engagements par l’ennemi ».
Il a ensuite menacé de mettre en place « d’autres mesures » si nécessaire « pour contraindre l’ennemi à respecter ses obligations » contractées dans le protocole d’accord irano-américain signé mercredi.
En réponse, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « vigilantes ». Selon lui, les passages du détroit d’Ormuz se sont poursuivis de manière sûre samedi, avec le passage de 55 navires marchands.
Sa réouverture a constitué l’un des points clés du protocole d’accord, qui prévoit une fin des hostilités sur l’ensemble des théâtres, y compris au Liban. Téhéran ayant insisté sur ce dernier élément.
Mais malgré ce texte, et une nouvelle annonce de cessez-le-feu vendredi, Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah s’affrontent depuis deux jours dans le sud du pays du Liban, où les opérations israéliennes ont fait au moins 24 morts samedi, et 83 la veille.
Frappes israéliennes sur le Liban
Les opérations israéliennes au Liban ont fait 4 057 morts depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.
L’armée israélienne a pour sa part indiqué qu’un de ses soldats avait été tué samedi lors de combats dans le sud du Liban, portant à cinq ses pertes dans le pays depuis la conclusion de l’accord préliminaire irano-américain. Au total côté israélien, 36 soldats et un contractuel civil ont été tués depuis le 2 mars.
Israël, qui occupe une partie du sud, a indiqué viser des positions du Hezbollah en représailles à des attaques contre ses troupes. Selon l’armée israélienne, « plus de 50 projectiles » ont été tirés par l’organisation chiite contre ses soldats dans la nuit de vendredi à samedi.
« Le Hezbollah continue de violer constamment le cessez-le-feu », a accusé sur X le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Oren Marmorstein.
« La peur domine chez tout le monde », témoigne auprès de l’AFP Fadi Zayat, un habitant du village méridional de Tayr Debba. « Nous sommes retournés dans notre village il y a quelques jours, avec nos sacs prêts dans le cas où nous devrions repartir », déclare ce laborantin de 53 ans. « Nous attendons une décision sérieuse pour mettre fin à cette guerre (…) et retrouver nos vies ».
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué lors des frappes américano-israéliennes sur Téhéran qui ont déclenché la guerre le 28 février.
Discussions en Suisse
Dans le même temps, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé la tenue dimanche en Suisse de discussions « techniques » entre Iraniens et Américains, en présence de représentants du Qatar et du Pakistan, pays médiateurs.
Parmi les membres de la délégation iranienne figurent le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, également président du Parlement, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati, d’après les informations d’une télévision d’État.
Islamabad a confirmé la tenue de ces « pourparlers techniques » dimanche à Bürgenstock près du lac de Lucerne.
Selon le vice-président américain J.D. Vance, l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent déjà en Suisse afin de « gérer certains des éléments techniques de cette négociation ».
Le protocole d’accord prévoit le lancement de tractations d’une durée de 60 jours en vue de parvenir à un accord final, qui seront centrées sur le programme nucléaire iranien.
Des discussions « préparatoires » ont commencé dès samedi entre diplomates, selon Berne.

Le vice-président américain J.D. Vance lors d’un point presse à la Maison Blanche, à Washington, aux États-Unis, le 18 juin 2026. © Ken Cedeno, AFP
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a néanmoins prévenu samedi les États-Unis que le protocole serait « en danger » si ses provisions n’étaient pas appliquées rapidement, autre allusion à la situation au Liban.
De son côté, Donald Trump a menacé d’imposer un péage américain dans le détroit d’Ormuz en cas d’échec des négociations avec l’Iran.
Le ministre de l’Intérieur du Pakistan s’est lui rendu samedi en Iran dans le cadre des tractations.
AFP / France 24 / Provinces26rdc.com
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