Les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, renforcent leur autonomie financière grâce notamment à l’exploitation et au trafic illicites de l’or dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). C’est ce que révèle une enquête publiée le 27 octobre par The Sentry, une organisation américaine spécialisée dans l’analyse des réseaux financiers liés aux conflits armés et à la corruption.
Selon ce rapport, l’or acheminé vers l’Ouganda constitue désormais la principale source de financement du groupe armé.
D’après The Sentry, les ADF dépendent moins des financements extérieurs de l’État islamique et développent leurs propres sources de revenus. Outre le trafic d’or, le groupe tire des ressources de la production de cacao, du racket et des enlèvements.
Dans la région de Manguredjipa, au Nord-Kivu, les ADF généreraient entre 1 et 1,6 million de dollars par an grâce aux mines d’or qu’ils contrôlent, selon l’enquête.
Des recommandations pour lutter contre les circuits de l’or
The Sentry appelle le Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne à enquêter sur les circuits d’approvisionnement en or de conflit reliant l’est de la RDC aux réseaux ougandais de négoce, d’affinage et d’exportation.
L’organisation recommande également au gouvernement ougandais de respecter strictement les accords conclus avec Kinshasa concernant le déploiement de ses forces armées en RDC, sans étendre unilatéralement le périmètre géographique de leur opération.
Le rapport invite aussi le gouvernement congolais à rééquilibrer ses priorités sécuritaires afin de lutter simultanément contre les ADF et le M23.
Enfin, The Sentry préconise un appui des États-Unis, des Nations unies, de l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux à l’élaboration de stratégies civiles à long terme. L’objectif serait de réduire l’enracinement local des ADF et leur capacité à recruter de nouveaux membres.
Radio Okapi / Provinces26rdc.com
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