La République démocratique du Congo a interdit les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt, intensifiant ses efforts pour imposer la transformation locale et capter davantage de valeur issue de ses ressources minières, selon un arrêté gouvernemental consulté par Reuters ce jeudi 06 août 2026.
Après l’annonce de cette interdiction par Reuters, le cours du cuivre à trois mois sur le London Metal Exchange (LME) a progressé de 1,8 % pour atteindre 14 369,50 dollars la tonne métrique, son plus haut niveau depuis le 29 janvier, date à laquelle le métal avait atteint un sommet historique de 14 527,50 dollars. Il s’échangeait à 14 300 dollars vers 09h30 GMT.
Le Congo cherche à tirer profit de sa position de premier fournisseur mondial de cobalt et de source majeure d’autres minerais essentiels à la transition énergétique, dont le cuivre, pour développer ses capacités de transformation nationales et conserver une part plus importante de la richesse générée par ses mines.
L’arrêté du 29 juin, signé par le ministre des Mines Louis Kabamba Watum, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya et le ministre de l’Économie Daniel Mukoko Samba, stipule que « l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt est interdite ».
L’interdiction prend effet immédiatement, bien que des dérogations d’exportation d’un an puissent être accordées dans des circonstances stratégiques, précise l’arrêté sans plus de détails.
Le texte introduit également un régime fiscal assorti d’une période de transition de trois mois pour les sous-produits miniers d’importance économique.
LE CONGO POUSSE POUR LA TRANSFORMATION LOCALE
L’interdiction est motivée par « la nécessité d’encourager les opérateurs miniers à commercialiser ou à exporter des produits miniers marchands à haute valeur ajoutée », indique l’arrêté.
Le Congo a déjà imposé des interdictions sur les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt en 2013, 2019 et 2023, tout en accordant des dérogations lorsque les capacités de fusion locales étaient insuffisantes.
Ce dernier arrêté abroge celui de 2023 ainsi que ses exemptions, et le remplace par un cadre plus large régissant les exportations de minerais et la taxation des sous-produits miniers d’importance économique.
Le Congo exporte principalement le cuivre sous forme de métal raffiné. Il a exporté 696 725 tonnes de cathodes de cuivre au premier trimestre 2026, contre 53 926 tonnes de concentrés de cuivre contenant 18 863 tonnes de cuivre métal, selon les données officielles.
Il a également expédié 51 940 tonnes d’hydroxydes de cobalt contenant 17 054 tonnes de cobalt métal sur la même période.
Christian-Geraud Neema, analyste minier au sein de l’organisation à but non lucratif China-Global South Project, a déclaré que cette nouvelle interdiction ne devrait pas avoir d’impact sévère sur la plupart des opérateurs, car la majeure partie du cuivre et du cobalt congolais est déjà raffinée localement.
Il a précisé que l’entité la plus touchée pourrait être la coentreprise Kamoa-Kakula — détenue par Ivanhoe Mines, le groupe chinois Zijin Mining et le gouvernement congolais — car elle exporte encore une partie de sa production sous forme de concentré grâce à des exemptions. Ivanhoe et Zijin n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires, tout comme la chambre des mines du Congo.
Le nouveau régime fiscal couvre une large gamme de minerais et précise que la taxe sur les sous-produits miniers s’applique aux minerais traces et ultra-traces récupérés lors du raffinage, en utilisant un coefficient de valorisation de 55 %, avec des redevances perçues parallèlement à celles du minerai principal.
Reuters / Provinces26rdc.com
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