ONU : « la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits, un impératif moral »(Première ministre de la RDC)

La lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits est un impératif moral et une exigence stratégique pour toute paix durable, a indiqué la Première ministre de la République démocratique du Congo, lors de son intervention mercredi au Conseil de sécurité des Nations-Unies (CSNU) à New York, aux USA.

« La lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits est un impératif moral. Mais elle est aussi une exigence stratégique pour toute paix durable. On ne reconstruit pas une société en laissant ses survivantes sans justice », a martelé Judith Suminwa, Première ministre et représentante de la RDC.

« On ne réconcilie pas des communautés en abandonnant les enfants nés de la violence au silence ou à la stigmatisation. On ne prévient pas les conflits en ignorant les économies qui les financent, les armes qui les prolongent, les réseaux qui exploitent les victimes, et les systèmes de domination qui les accompagnent », a-t-elle poursuivi.

Présidant cette séance du Conseil de sécurité consacrée à un fléau qui dérange la RDC et plusieurs régions du monde : « les violences sexuelles liées aux conflits »,  la Cheffe du Gouvernement a fait savoir que la responsabilité commune est de faire en sorte que « la dignité des survivantes et des survivants, les droits des enfants, la justice, les réparations et les services essentiels ne soient pas placés à la périphérie de la paix, mais au cœur même de sa construction ».

« Plus de vingt-cinq ans après la résolution 1325, la prochaine étape de notre engagement ne peut pas être une nouvelle promesse. Elle doit être une promesse tenue. Et ce, parce qu’aucune ressource naturelle ne devrait être extraite au prix de la dignité humaine ; parce qu’aucune économie ne devrait prospérer sur la souffrance des populations ; et parce qu’aucune paix durable ne peut être bâtie sur l’impunité », a-t-elle insisté.

L’ambition ne peut plus être seulement de documenter l’horreur, mais de prévenir les conditions qui la rendent possible

Pour la Première ministre de la RDC, l’ambition du « CSNU » ne peut plus être seulement de documenter l’horreur après qu’elle a eu lieu, mais elle doit prévenir les conditions qui la rendent possible.

« Cela suppose une présence plus proche des communautés à risque, des mécanismes d’alerte précoce, une justice capable d’atteindre les auteurs, les complices et les commanditaires, des réparations effectives, et un relèvement économique qui donne aux femmes non seulement protection, mais pouvoir », a-t-elle proposé.

En outre, a-t-elle poursuivi, cela suppose aussi de mieux comprendre les liens entre violences sexuelles, contrôle des territoires, déplacements forcés, circulation des armes, traite des personnes, impunité et économies de conflit.

« Si nous voulons prévenir ces crimes, nous devons regarder non seulement les actes commis, mais les systèmes qui les rendent possibles. Cela suppose enfin que les processus de paix intègrent ces questions dès le départ : dans les cessez-le-feu, les mécanismes de surveillance, les processus de désarmement, les réformes du secteur de la sécurité, les régimes de sanctions et les garanties de non-répétition », a indiqué Mme Suminwa.

« La présidence congolaise du Conseil de sécurité a choisi de commencer par les victimes, parce qu’aucune architecture de paix n’a de sens si elle ne part pas de celles et ceux qui ont payé le prix le plus lourd de la guerre », a-t-elle martelé.

La RDC assume la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies, organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Elle fait de la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits une priorité de sa présidence.

 

ACP/Provinces26rdc.com

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