Lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée, ce mardi 29 septembre, à la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo, le représentant du Rwanda à l’ONU, Martin K. Ngoga a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur des processus diplomatiques en cours, tout en soulignant la nécessité d’une mise en œuvre effective des accords conclus entre Kigali et Kinshasa.
Dans son intervention, le diplomate rwandais a rappelé que la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC figure à l’ordre du jour du Conseil de sécurité depuis près de trente ans au titre du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Il a également relevé que, depuis 1999, les Nations unies ont consacré plus de 30 milliards de dollars à travers les missions MONUC puis MONUSCO, sans que les causes profondes du conflit ne soient totalement résolues.
Le représentant du Rwanda a salué la dynamique diplomatique impulsée par les processus de Washington et de Doha, ainsi que les efforts des États-Unis, du Qatar, de l’Union africaine et des différents médiateurs engagés dans la recherche d’une solution durable à la crise.
Selon lui, Kigali demeure attaché aux accords conclus à Washington et à leur mise en œuvre de bonne foi. Il a indiqué que le Rwanda continue de participer aux mécanismes conjoints de supervision et de coordination sécuritaire, notamment ceux portant sur la neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives.
« Le Rwanda a pris des mesures pour enlever ses mesures défensives et a fait état de cela par le truchement des mécanismes de Washington », a-t-il déclaré.
Il a également fait savoir que le Rwanda avait proposé la mise en place d’un mécanisme de vérification tripartite associant le Rwanda, la RDC et les États-Unis en qualité de médiateur.
Pour Kigali, toute affirmation relative à la mise en œuvre des engagements doit être soumise à une vérification indépendante et les parties doivent être évaluées selon les mêmes critères. Le représentant rwandais a estimé qu’il existait actuellement un décalage important dans l’exécution des engagements pris dans le cadre du processus de paix.
Les FDLR : une question « centrale »
Il a particulièrement insisté sur la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qu’il considère comme un élément central des accords sécuritaires. Selon lui, la neutralisation de ce groupe armé et la cessation de toute coopération avec celui-ci constituent des engagements fondamentaux du processus de Washington.
Le représentant du Rwanda a soutenu que le dernier rapport du Secrétaire général des Nations unies confirmait la présence active des FDLR dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, notamment à Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Walikale.
Tout en estimant que les initiatives de Washington et de Doha offrent une opportunité de modifier durablement la trajectoire du conflit, il a rappelé que la signature des accords ne suffit pas à elle seule à instaurer la paix.
« Ce qui compte, c’est l’application des accords », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de traduire les engagements en actions concrètes, de maintenir le dialogue entre le Rwanda et la RDC et de garantir un suivi impartial de leur mise en œuvre.
Le représentant rwandais a enfin réaffirmé que son pays respectait ses engagements et restait disposé à prendre toutes les mesures nécessaires pour en permettre la vérification. Il a appelé les autres parties à agir de la même manière, estimant qu’une paix durable dans la région ne pourra être obtenue qu’à travers l’application effective des accords, la transparence dans leur exécution, le dialogue continu et la prise en compte des préoccupations sécuritaires de toutes les communautés concernées.
« Le Rwanda reste attaché à une paix pérenne, fondée sur l’application, la vérification, le dialogue et la sécurité légitime de toutes les communautés de la région », a conclu Martin K. Ngoga.
Radio Okapi / Provinces26rdc.com
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