Une équipe de chercheurs a identifié une bactérie qui produit une toxine capable de stopper le développement du parasite « Plasmodium falciparum » chez les moustiques.
En 2021, le paludisme a tué 619 000 personnes, dont une majorité sur le continent africain. Les nouvelles perspectives de lutte efficace contre cette maladie transmise par les moustiques suscitent donc de grands espoirs. L’optimisme est désormais porté par une équipe multinationale de chercheurs de l’école de santé publique Johns-Hopkins-Bloomberg à Baltimore et du laboratoire britannique GSK. Ces derniers, rapporte Le Monde, ont découvert une toxine issue d’une bactérie capable de stopper le développement du parasite Plasmodium falciparum, responsable du paludisme.
C’est la bactérie Delftia tsuruhatensis TC1 qui est au centre de tous les espoirs. Contenue dans plusieurs plantes ainsi que dans les tissus et les organes de certains mammifères, elle produit une toxine qui inhibe à un stade précoce le développement du parasite Plasmodium falciparum dans le tube digestif des moustiques, expliquent les chercheurs dans un article publié le 3 août dans la revue Science.
Or, cette toxine a la faculté de traverser les tissus du moustique. Si bien qu’on pourrait imaginer pulvériser un produit à base de Delftia tsuruhatensis TC1sur des surfaces telles que des moustiquaires. Des essais prometteurs ont d’ailleurs déjà été menés au Burkina Faso.
« De vrais espoirs alors que la lutte contre la maladie stagne »
« C’est une découverte majeure, de celles qui pourraient faire basculer la lutte vers une éradication », s’enthousiasme Pierre Buffet, directeur médical de l’Institut Pasteur. « Nous sommes là dans le domaine de la lutte biologique qui suscite de vrais espoirs alors que la lutte contre la maladie stagne. »
Cependant, nuance Olivier Silvie, directeur de recherche à l’Inserm, « avant d’envisager une utilisation à grande échelle, ces recherches doivent continuer pour savoir si la bactérie et la toxine peuvent avoir des conséquences sur d’autres organismes, comme les insectes pollinisateurs, ce qui serait catastrophique ».
Pour l’heure, la bactérie ne semble pas présenter de danger pour la santé humaine. Pour aller plus loin, les chercheurs pourraient envisager de la modifier génétiquement afin qu’elle soit transmise par le moustique femelle à sa progéniture, la rendant efficace à plus long terme.
Le Point / Provinces26rdc.com
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