Procès Roger Lumbala : la MONUSCO facilite l’audition des victimes depuis l’Est de la RDC

La Cour d’assises de Paris a achevé, ce mardi 9 décembre 2025, l’audition des victimes constituées parties civiles dans le procès de Roger Lumbala, poursuivi pour complicité de crimes contre l’humanité. Depuis plusieurs semaines, la Cour revisite les violences commises au début des années 2000 dans les territoires de Bafwasende, Mambasa et Isiro, dans l’Est de la RDC.

Pour cette ultime série d’auditions, les juges français ont pu entendre, en direct depuis Bunia, plusieurs victimes de pillages, de viols et de tortures. Ces interventions à distance ont été rendues possibles grâce au dispositif technique déployé par la MONUSCO, qui a assuré toute la logistique de la visioconférence, permettant à ces voix éloignées géographiquement d’accéder à la justice internationale.

Parmi les derniers témoins figure un ancien chef de localité de Mambasa. Il raconte avoir été arrêté, emprisonné et torturé.

« Ils nous forçaient à indiquer des champs pour qu’ils puissent trouver de quoi manger », explique-t-il, évoquant des militaires non rémunérés, vivant de pillages systématiques. Il rapporte également avoir assisté à la mort d’un détenu, battu à mort.

Le témoin décrit une extrême brutalité. Il dit avoir vu un combattant du RCD-N traverser Mandima avec la tête décapitée d’un homme attachée au porte-bagage d’un vélo.

« Nous l’avons vu passer. On ne savait pas ce qu’ils allaient en faire », confie-t-il.

Interrogé sur l’identité des auteurs, il affirme n’avoir eu aucun doute : « Ils venaient de l’axe Kisangani et attendaient l’arrivée de leur chef, Lumbala. Ils parlaient Lingala, contrairement aux soldats de l’APC qui, eux, s’exprimaient en swahili et étaient mieux organisés. » Selon lui, des renforts militaires arrivaient parfois en hélicoptère.

Il témoigne également des viols infligés aux femmes détenues.

« Cela se passait sous nos yeux. Elles entraient nues, on les entendait pleurer. Elles étaient violées », dit-il d’une voix posée, mais visiblement marquée par le souvenir.

Grâce à la connexion facilitée par la MONUSCO, ces récits ont pu être livrés depuis la capitale de l’Ituri, permettant à la Cour française de recueillir ces fragments essentiels d’un dossier complexe. La phase d’audition désormais terminée, le procès se poursuit à Paris, où la responsabilité de Roger Lumbala continue d’être examinée.


Opinion Info / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*