Le processus de paix engagé à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 reste confronté à d’importantes difficultés de mise en œuvre. Treize mois après la signature de l’accord de principes, le bilan dressé par le Baromètre des Accords de Paix en Afrique fait état d’un taux d’exécution de 18,6 %, correspondant à 65 points sur les 350 évalués entre juillet 2025 et août 2026.
Malgré l’implication du Qatar, des États-Unis, de l’Union africaine, du Togo, de la Suisse, de la CIRGL et de la MONUSCO, le processus reste marqué par la méfiance, les retards et la poursuite des hostilités. Après treize mois, les mécanismes existent, mais leur traduction concrète demeure largement insuffisante.
Cette évaluation s’appuie sur trois principaux instruments issus des discussions de Doha. Il s’agit du mécanisme consacré à la libération des détenus, du dispositif de supervision et de vérification du cessez-le-feu, ainsi que de l’Accord-cadre destiné à parvenir à un accord de paix global. Pour le Baromètre, ces différents mécanismes ont permis de poser des bases institutionnelles et diplomatiques, mais leur application sur le terrain demeure limitée et inégale.
Le dossier des détenus illustre notamment l’écart entre les engagements pris et leur concrétisation. Sur les 477 personnes identifiées par les deux parties, seules 15 ont été libérées durant la période prise en compte par le rapport. Cette composante du processus obtient ainsi un score de 25 %, soit 17,5 points sur 70. Les personnes libérées, soupçonnées par Kinshasa d’être de mèche avec le M23, ont été transférées vers Goma au début du mois d’août 2026 dans le cadre du mécanisme convenu à Doha.
La vérification du cessez-le-feu constitue un autre point de faiblesse du processus. Le mécanisme conjoint élargi, désigné sous le sigle EJVM+, devait permettre de vérifier directement les accusations de violations et d’établir les faits à partir de missions sur les lieux concernés. Une première opération de terrain a effectivement eu lieu à Minembwe, dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, le 24 août 2026, pour recueillir des informations sur la situation sécuritaire et examiner l’application du cessez-le-feu.
Cette avancée n’a toutefois pas suffi à faire taire les armes. Le Baromètre attribue au mécanisme de supervision et de vérification un taux de mise en œuvre de 17,3 %, soit 22,5 points sur 130. Son fonctionnement a été ralenti par plusieurs difficultés, notamment autour de la désignation des représentants, des méthodes de travail, du choix des sites à vérifier et du déploiement des équipes. La deuxième mission, annoncée à Masisi, n’a pour sa part pas pu être réalisée comme prévu en raison de ressources financières insuffisantes.
Pendant ce temps, les accusations de violations du cessez-le-feu se poursuivent entre Kinshasa et l’AFC/M23. Le rapport fait également état de la poursuite des affrontements dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, compliquant davantage l’application des engagements sécuritaires issus du processus de Doha.
Le volet politique affiche lui aussi un niveau d’exécution limité. L’Accord-cadre de Doha obtient 16,7 %, soit 25 points sur 150. Sur les huit protocoles prévus, deux avaient déjà été conclus séparément avant leur intégration dans l’Accord-cadre, tandis que les six autres demeuraient en discussion.
La retraite organisée en Suisse du 17 au 21 août 2026 a permis aux deux parties d’examiner l’état d’avancement du processus et d’adopter une feuille de route destinée à poursuivre les négociations.
Opinion Info / Provinces26rdc.com
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