L’UEFA a sèchement recadré Gianni Infantino, samedi, affirmant que le patron de la Fifa avait « perdu (s)a confiance » malgré le retrait de son projet controversé d’ouverture des compétitions internationales à des investisseurs privés. Ces tensions entre les instances européenne et mondiale du football ont lieu moins d’un an avant l’élection du président de la Fifa.
Peu importe pour l’UEFA que Gianni Infantino ait abandonné son projet controversé : le président de la Fifa a « perdu la confiance » de l’instance de football européen, qui a taclé sèchement l’Italo-Suisse dans un communiqué publié samedi 1er août.
À moins d’un an de la fin de son mandat et de l’élection de mars 2027 pour laquelle il est pour l’instant seul candidat, l’UEFA a accusé Gianni Infantino d’avoir renié ses engagements avec ce « projet miteux, opaque et fomenté en coulisse », affirmant qu’il avait « perdu la confiance » de l’instance comme « de nombreux autres membres de la famille du football ».
Critiqué de toute part, l’ex-secrétaire général de l’UEFA avait annoncé dans la nuit, dans un communiqué, le retrait de son projet visant à créer une société – la Fifa Forward Entreprise (FFE) – ouverte aux investisseurs privés et chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l’instance, y compris la Coupe du monde.
« Pas besoin de brader nos bijoux de famille »
Cette proposition, révélée mardi à la surprise générale, a été massivement rejetée au niveau mondial, surtout par l’UEFA qui avait menacé jeudi « à l’unanimité » de ne pas participer aux prochaines compétitions de la Fifa, y compris le mondial, si le projet était mené à terme.
Dans son communiqué publié samedi, la puissante instance qui réunit 55 fédérations européennes qualifie l’abandon de ce projet de « victoire pour l’ensemble du football », mais précise qu’il ne doit pas « marquer la fin de l’histoire ». « La proposition a été rejetée. La tâche consistant à rétablir la confiance dans la Fifa ne fait que commencer », insiste-t-elle.
L’UEFA, dirigée par le Slovène Aleksander Ceferin, considérait ce projet comme une tentative d’Infantino de « vendre une part de la Coupe du monde » à des investisseurs privés, faisant craindre une marchandisation du football sur fond de soupçons de conflit d’intérêt. « Si l’on vend les joyaux du football à des investisseurs privés, on vend également une partie de ce sport – et surtout son âme », avait commenté l’ex-président de la Fifa Sepp Blatter.
Dans son communiqué, l’UEFA s’en prend directement à Infantino, en affirmant qu’il avait, avant son élection en 2016, prôné la transparence et assuré que l’argent de la Fifa était celui des associations membres. « Il n’a pas tenu ces deux promesses », accuse l’UEFA. « Le projet miteux, opaque et fomenté en coulisse qu’il a tenté d’imposer par la force était tout sauf transparent. »
L’abandon de ce projet doit, selon l’UEFA, mener à la création d’une « nouvelle méthode de répartition des ressources par le biais du programme Fifa Forward existant » en utilisant une partie des fonds de réserve de l’instance, évalués à 5 milliards de dollars. « Nous devons commencer à utiliser une partie de cet argent qui dort sur le compte bancaire de la Fifa pour donner l’élan dont le football a besoin dans chacun des 211 pays membres de la Fifa. Mais nous n’avons pas besoin de brader nos bijoux de famille pour financer cela », écrit-elle.
Parmi les potentiels investisseurs, les détracteurs du plan avaient repéré le fonds d’investissement Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, le frère du gendre de Donald Trump, alors que Gianni Infantino a régulièrement affiché sa proximité avec le président américain, notamment lors du mondial.
AFP / France 24 / Provinces26rdc.com
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