Deux dates, deux symboles pour une même ambition. Jean-Marc Kabund commémore, les 22 et 24 avril, un double anniversaire de son parti, l’Alliance pour le changement (A.Ch.). Le premier marque sa création, le second sa reconnaissance officielle. Un grand rassemblement populaire est annoncé le 24 avril à Kinshasa pour affirmer sa présence sur l’échiquier politique.
Après sa rupture avec Félix Tshisekedi, Jean-Marc Kabund, l’A.ch. s’est rapidement positionnée comme un opposant assumé. Revendiquant une ligne socialdémocrate, il prône un « changement de gouvernance » et se veut une alternative politique structurée.
L’obtention de l’arrêté ministériel a constitué un tournant. Pour lui, il ne s’agit plus seulement d’exister, mais de peser. Depuis, Kabund multiplie les sorties. Discours offensifs, prises de position tranchées, présence médiatique constante. L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale s’impose progressivement comme l’une des voix les plus audibles de l’opposition.
Dans un contexte marqué par l’effacement ou l’exil de certains opposants, Kabund occupe le terrain et construit son récit. Celui d’un opposant revenu de l’épreuve de la prison avec l’ambition de rebattre les cartes. Sur le fond, son discours reste constant. Il dénonce ce qu’il qualifie d’échec de la gouvernance actuelle, notamment sur les plans social et sécuritaire, avec un accent particulier sur la situation dans l’est du pays.
En réponse, il met en avant sa vision centrée sur la justice sociale, la sécurité et la restauration de l’État. En juin 2025, une nouvelle étape a été franchie avec la création de la Coalition de la gauche congolaise (CGC). Présentée comme une plateforme alternative, elle regroupe une dizaine de partis politiques et une quarantaine d’organisations de la société civile. Un élargissement stratégique, destiné à renforcer l’ancrage du mouvement au-delà de son socle initial.
Se réclamant de l’héritage d’Étienne Tshisekedi et ancien cadre de l’UDPS, Kabund se positionne comme défenseur des valeurs républicaines. Il promet des réformes profondes, tout en assurant ne pas remettre en cause l’intégrité de la Constitution. En filigrane, un appel : celui d’un « dialogue inclusif » pour répondre aux crises persistantes.
À travers cette double commémoration, l’Alliance pour le changement ne se contente pas de célébrer son parcours. Elle envoie un signal. Clair. Politique. À Kinshasa comme en provinces, le mouvement entend désormais compter.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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