La situation judiciaire de l’opposant Prince Epenge prend une nouvelle tournure. Son avocat, Me Nico Mayengele, aurait également été interpellé le samedi 31 octobre, dans des circonstances qui soulèvent des interrogations sur le respect des droits de la défense et la liberté de la presse.
La situation des acteurs de l’opposition congolaise devant la justice continue de susciter des réactions. Après le transfert de Prince Epenge à la prison centrale de Makala, son avocat, Me Nico Mayengele, aurait à son tour été interpellé, le samedi 31 octobre 2026, sur instruction de la magistrate instructrice du dossier de son client.
Selon les informations rapportées, cette interpellation serait intervenue au moment où le convoi transportant Prince Epenge arrivait à la prison centrale de Makala. Il serait reproché à l’avocat d’avoir filmé l’arrivée du convoi et transmis les images à des journalistes.
Conduit au parquet, Me Nico Mayengele aurait également vu ses téléphones confisqués. Il aurait finalement été libéré et serait rentré à son domicile, à la suite de pressions, selon les informations relayées par certains médias.
Cette interpellation présumée suscite des interrogations, notamment sur les conditions d’exercice de la profession d’avocat et l’accès des journalistes à l’information judiciaire. Pour certains observateurs, le fait de reprocher à un avocat d’avoir transmis des images à la presse pose la question de la liberté d’informer et du droit du public à être renseigné sur des événements d’intérêt général.
Prince Epenge transféré à Makala

Pour rappel, l’opposant politique Prince Epenge Wemakoko, président du parti politique ADD Congo et porte-parole de la coalition LAMUKA, a été conduit à la prison centrale de Makala, le samedi 31 octobre 2026. Cette information a été confirmée par son avocat, Clément Muza, membre du collectif chargé d’assurer sa défense devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe.
Selon ce dernier, ce transfèrement intervient après le rejet de la demande de mise en liberté provisoire introduite en faveur de son client. L’avocat affirme toutefois que la défense n’avait reçu aucune notification préalable concernant cette décision. « Nous n’avons pas été signifiés. On l’avait amené hier en chambre du conseil. Le tribunal ne lui a pas accordé la liberté provisoire. Et aujourd’hui, ils ont décidé de l’envoyer à Makala », a-t-il expliqué, exprimant son étonnement face à la procédure suivie.
Du côté de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé), formation politique dirigée par Martin Fayulu, la réaction ne s’est pas fait attendre. Son secrétaire général, Devos Kitoko, a vivement critiqué le transfèrement de Prince Epenge à Makala, qu’il considère comme une décision portant atteinte aux principes démocratiques.
Dans une publication sur le réseau social X, il estime que cette mesure constitue une « insulte au combat pour la démocratie en RDC ».
Le responsable de l’ECIDé met également en garde contre les conséquences politiques que pourrait produire une telle décision. « C’est un précédent grave qui risque de conforter l’idée que la prise des armes serait la seule voie pour se faire respecter », a-t-il écrit.
Il sied de rappeler que l’opposant Prince Epenge avait été interpellé dimanche 25 octobre à l’aéroport international de N’Djili, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol à destination de Rome, en Italie, où il devait participer au conclave de la coalition C64.
Après son arrestation, son entourage avait d’abord signalé sa disparition avant que sa présence au Conseil national de cyberdéfense (CNC), où il aurait été auditionné, ne soit annoncée par son parti. Il avait ensuite été transféré au parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe.
LePotentiel / Provinces26rdc.com
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