Dans les efforts du Service national sont menacés par le retour des commerces et des motos sur les emprises publiques.
À Kinshasa, la bataille contre l’insalubrité semble loin d’être gagnée. Quelques semaines après le déploiement des « bâtisseurs » du Service national dans plusieurs quartiers de la capitale, des espaces pourtant nettoyés et libérés commencent à retrouver leurs anciennes habitudes : déchets, petits commerces installés sur les emprises publiques et présence accrue de motos sur des carrefours, causant ainsi des embouteillages.
« Je savais que ces bâtisseurs seraient essoufflés. Voilà que les Kinois renouent avec l’insalubrité », regrette Claude Buta, 39 ans, après avoir observé que les bars et terrasses détruits dans la commune de Bandalungwa, Kalamu, Lemba et ailleurs sont à nouveau opérationnels.
Lancée en juillet dernier, l’opération d’assainissement vise notamment à évacuer les immondices, curer les caniveaux, libérer les emprises publiques occupées anarchiquement et améliorer la circulation.
Le président Félix-Antoine Tshisekedi avait lui-même inspecté les travaux menés entre l’échangeur de Limete et l’aéroport international de N’djili.
Mais sur le terrain, la pérennisation des résultats reste un défi majeur. Là où les agents du Service national ont effectué des opérations de nettoyage et de dégagement, la réoccupation progressive de certains espaces pose la question du suivi après le passage des équipes.
Les communes sont appelées à jouer un rôle essentiel dans cette phase, afin d’empêcher le retour des activités et installations qui contribuent à l’encombrement des voies publiques.
Cette question avait d’ailleurs été au cœur d’une réunion tenue le 29 août entre la Task Force, l’Hôtel de Ville et les bourgmestres des 24 communes de Kinshasa. L’objectif était notamment d’harmoniser les interventions et de renforcer la collaboration entre la structure présidentielle et les autorités municipales dans la lutte contre l’occupation anarchique des espaces publics.
Créée sous l’autorité directe du Chef de l’État, la Task Force présidentielle est chargée d’élaborer et de coordonner un plan permanent de salubrité, d’identifier les points critiques d’insalubrité et de veiller à l’application des mesures de discipline urbaine. Sa coordination a été confiée au lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik.
Dès lors, l’enjeu n’est plus seulement de nettoyer Kinshasa, mais de maintenir propres et dégagées les zones déjà assainies.
Une intervention ponctuelle ne saurait suffire face à un phénomène qui se reconstitue rapidement. La Task Force devra donc renforcer le suivi des sites traités, clarifier les responsabilités des autorités communales et veiller à l’application durable des mesures arrêtées.
Il sied de noter que pour de nombreux Kinois, la réussite de cette opération se mesurera moins à la quantité de déchets évacués qu’à la capacité des autorités à empêcher leur retour et à préserver les emprises publiques. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik est ainsi attendu sur le terrain pour donner une nouvelle impulsion à cette opération et faire respecter, dans la durée, les mesures de salubrité et de discipline urbaine prévues par la Task Force.
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