RDC : Budget 2027, Adolphe Muzito veut renforcer la mobilisation des recettes publiques

Le gouvernement de la République démocratique du Congo entend renforcer la mobilisation des recettes internes en amont de l’élaboration du budget 2027. Le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a ouvert hier mardi 18 août les réunions d’arbitrage consacrées aux prévisions de recettes qui devront être intégrées dans l’avant-projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Ces séances de travail ont réuni successivement les responsables des ministères des Mines, du Portefeuille, des Transports, de l’Environnement, ainsi que des Postes et Télécommunications. L’objectif affiché est de déterminer les moyens permettant aux administrations génératrices de recettes d’améliorer leurs performances et, surtout, de dépasser les assignations qui leur seront fixées pour 2027.

L’une des principales mesures annoncées à l’issue de ces échanges concerne le financement des missions de contrôle sur le terrain. Jusqu’ici, ces opérations étaient notamment prises en charge par les administrations concernées. Désormais, le principe annoncé prévoit que le Trésor public assure directement leur financement. Cette réforme vise à donner davantage de moyens aux services chargés du contrôle des activités économiques et fiscales, dans un système où une partie importante des recettes repose sur les déclarations des opérateurs. Le gouvernement espère ainsi améliorer le suivi des assujettis, réduire les pertes de recettes et rapprocher les montants effectivement collectés du potentiel réel de chaque secteur.

Du côté du ministère des Transports, cette décision a été accueillie favorablement. Le secrétaire général a.i., Nicolas Nkan, y voit un moyen de renforcer les capacités de son administration et d’augmenter les recettes du secteur. Le secteur minier figure également parmi les principaux leviers sur lesquels le gouvernement compte s’appuyer pour accroître les ressources publiques. Le ministre des Mines, Louis Watum, a notamment insisté sur la nécessité de renforcer les moyens de contrôle et les capacités opérationnelles de l’administration minière. Il a particulièrement plaidé pour une présence accrue sur le terrain ainsi que pour une meilleure dotation de l’Inspection générale des Mines et des services de l’administration minière.

L’enjeu est de mieux contrôler les activités du secteur et de réduire les déperditions susceptibles de priver le Trésor de recettes importantes. Cette orientation est stratégique pour la RDC, dont l’économie repose largement sur l’exploitation de ses ressources minières. Pour les autorités budgétaires, l’amélioration du contrôle doit permettre de transformer davantage le potentiel économique du secteur en recettes effectivement mobilisées par l’État. Autre annonce majeure : le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat devra contribuer à hauteur de 300 milliards de francs congolais aux recettes attendues dans le cadre du budget 2027.

Une partie importante de cette ambition doit reposer sur le crédit carbone, présenté par le gouvernement comme une source de financement encore largement sous-exploitée par la RDC. Cette orientation s’inscrit dans la volonté des autorités de mieux valoriser les ressources environnementales du pays et de tirer davantage de revenus de ses capacités de séquestration du carbone. L’objectif de 300 milliards de francs congolais traduit ainsi une volonté de faire du secteur environnemental non seulement un instrument de politique climatique, mais également une source significative de recettes pour le budget de l’État.

Le ministère des Postes et Télécommunications est lui aussi appelé à améliorer ses performances. Son responsable a rappelé que son secteur avait déjà dépassé les prévisions de recettes qui lui avaient été assignées pour l’exercice 2026. Pour 2027, l’administration se dit disposée à aller plus loin, mais souligne l’importance de disposer des moyens nécessaires pour assurer efficacement ses missions. Cette position rejoint l’approche défendue par le ministère du Budget : donner davantage de moyens aux services de contrôle afin d’obtenir, en retour, une mobilisation plus importante des recettes.

À travers ces arbitrages, Adolphe Muzito cherche à installer une logique de performance des administrations génératrices de recettes. Il ne s’agit plus seulement de fixer des assignations budgétaires, mais également de fournir aux services concernés les moyens opérationnels nécessaires pour les atteindre, voire les dépasser. Le financement des missions de contrôle par le Trésor constitue, à cet égard, une évolution importante. Le gouvernement mise sur un cercle vertueux : davantage de moyens pour contrôler, une meilleure connaissance des activités économiques, une réduction des pertes et, à terme, une augmentation des recettes publiques.

Les réunions d’arbitrage constituent une étape préparatoire importante avant la finalisation de l’avant-projet de loi de finances 2027. Elles devraient permettre au gouvernement de préciser les objectifs assignés aux différents secteurs et de déterminer les mesures nécessaires à leur réalisation. Avec le mot d’ordre de « dépasser les assignations », le ministère du Budget entend ainsi faire de la mobilisation des recettes internes l’un des axes majeurs du prochain exercice budgétaire.

 


LePotentiel / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*