Les mines représentent 33 à 35 % des revenus budgétaires en RDC, et 67% de ces recettes proviennent de la province du Lualaba. Selon le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, portant sur l’exercice 2023, le Lualaba a généré 3 934 377 157 USD, soit un taux de 67,2 % des revenus miniers globaux de la RDC qui se sont chiffrés à 5 845 351 869 USD.
Cette performance positionne la province gouvernée par Mme Fifi Masuka Saïni comme le pilier des finances publiques congolaises. Le Lualaba devance de loin la province du Haut-Katanga, longtemps maillot jaune de l’industrie minière en RDC, et n’a contribué au budget national qu’avec une contribution de 1 029 128 825 USD. Fifi Masuka est à la tête d’une province devenue motrice économique de la République démocratique du Congo.
Le Lualaba dispose du budget le plus colossal de 26 provinces congolaises. Fifi Masuka a mis en exécution un budget 2025 en forte hausse, soit près d’un milliard de dollars (982 millions USD), estimé à 2 898 milliards de FC, une hausse de 57,21% par rapport à 2024, concentrant ainsi la majorité des investissements directs étrangers (IDE).
Le Lualaba, avec le Haut-Katanga, concentre l’essentiel de la production du cuivre et du cobalt. Les deux provinces sont également créditées d’une contribution conjointe de 109 375 109 USD dans une autre rubrique du rapport, soulignant leur rôle prépondérant. L’économie de la RDC repose largement sur le secteur minier, qui dicte le rythme de la croissance. Le cobalt, le cuivre et d’autres minerais stratégiques propulsent les exportations, mais cette mono-dépendance expose le pays aux aléas des marchés internationaux.
Les fluctuations des cours des matières premières, comme observé en 2023 avec la volatilité du cuivre, rappellent la vulnérabilité structurelle de la RDC. Le rapport de l’ITIE-RDC met, en effet, en lumière non seulement les performances provinciales, mais aussi la nécessité d’une diversification économique urgente.
Ces revenus massifs doivent être canalisés vers les infrastructures locales, l’éducation et l’industrialisation afin d’atténuer les risques.
Avec la publication de ce rapport, l’ITIE-RDC renforce sa mission de transparence, essentielle pour permettre au pays d’attirer les investisseurs étrangers. Les provinces minières comme le Lualaba et le Haut-Katanga sont appelées à des réformes urgentes : meilleure traçabilité des redevances, renforcement des partenariats public-privé et développement de la transformation locale des minerais.
Revenus et Investissements
Le Lualaba génère une part massive des revenus de la RDC, avec des recettes minières de 3,93 milliards USD en 2023. Mais les experts déplorent la dépendance de l’économie de la province quasi exclusivement tournée vers le secteur minier, la rendant vulnérable aux fluctuations des cours. Toutefois, Fifi Masuka s’emploie à combler le déficit du manque d’infrastructures et la faible diversification qui obligent la province à importer la majorité de ses produits alimentaires. Le Lualaba est au centre des débats sur la redistribution des richesses, la traçabilité des redevances minières, et la nécessité de diversifier l’économie (agriculture, transformation locale).
La province est un nœud majeur du corridor de Lobito et un point de passage crucial pour l’exportation via la Zambie. Gouverneure de Lualaba depuis août 2024, Fifi Masuka, 59 ans depuis le 10 mars 2026, elle pourrait bien nourrir des ambitions plus élevées sur l’échiquier politique national. En tout cas, elle a chaque fois épaté le gouvernement central, à chaque manifestation de l’État à Kolwezi, capitale de Lualaba. Voilà 20 ans qu’elle est dans la politique active.
Licenciée en sciences économiques à l’université de Lubumbashi (UNILU), mère de 4 enfants, catholique très pratiquante, elle vient d’offrir une imposante basilique. En 2006, elle était membre du parti politique Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, élue députée nationale sous cette étiquette lors des législatives. Elle sera réélue en 2011, après avoir fondé une année plus tôt, son propre parti politique, le Front des indépendants démocrates-chrétiens (FIDEC). Elle est nommée le 29 octobre 2015 par le chef de l’État Joseph Kabila commissaire spéciale adjointe dans la province du Lualaba puis, le 26 mars 2016, elle devient vice-gouverneure de la province du Lualaba. Elle se brouille avec le titulaire Richard Muyej Mangez Mans, et ce dernier est rappelé à Kinshasa pendant que Félix Tshisekedi conquiert à son compte la majorité dans les deux Chambres du Parlement. Et en avril 2024, Masuka rejoint la coalition de Tshisekedi, l’Union sacrée de la nation, et devient la première femme élue gouverneure de Lualaba. On dit d’elle qu’elle est une visionnaire.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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