Recensement : les craintes des sénateurs sur des zones d’ombre qui persistent

Le ministre du Plan, Guylain Nyembo, devra dans les prochains jours, rencontrer les préoccupations de sénateurs autour du projet de Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2). Les représentants des provinces ont adopté, lundi, une motion incidentielle exigeant sa présence à l’hémicycle afin d’apporter des réponses détaillées.

Au cœur de préoccupations soulevées par les élus des élus, plusieurs zones d’ombre persistent quant à la mise en œuvre de cette opération d’envergure. Ils se sont penchés sur la nécessité de mutualiser le recensement avec l’identification des citoyens via l’ONIP, afin d’éviter les doublons et de renforcer la fiabilité du processus.

Les défis sécuritaires, en particulier dans l’est du pays, ont également été largement évoqués. Certains sénateurs ont mis en doute la capacité de l’État à garantir une couverture exhaustive dans les zones en proie aux conflits. À cela s’ajoutent des doutes sur la fiabilité des données en contexte d’instabilité, ainsi que sur la transparence dans la gestion des financements.

L’inclusivité du processus n’a pas été en reste. Les parlementaires ont plaidé pour une meilleure prise en compte des zones enclavées et des Congolais vivant à l’étranger, afin de garantir un recensement véritablement universel. Au-delà des questions techniques, ils ont appelé à un changement de paradigme, estimant que le recensement ne devrait plus être une opération ponctuelle, mais un outil permanent de planification publique, au service de la gouvernance et du développement.

L’UNFPA rassure, les zones d’ombre persistent 

Face aux interrogations des sénateurs, le représentant résident du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Alain Apollinaire Akpadji, a précisé que le gouvernement congolais demeure le principal pilote du projet, son institution n’apportant qu’un appui technique. Cet accompagnement concerne notamment la mobilisation des ressources, le recrutement des experts ainsi que l’assurance sur la qualité des données.

Ensuite, le fonctionnaire onusien a fait savoir que des discussions sont en cours avec les ministères du Plan et de l’Intérieur afin de renforcer la coordination avec les structures chargées de l’identification.

Malgré ces précisions, les doutes persistent. Les explications fournies n’ont pas suffi à dissiper toutes les incertitudes, conduisant la majorité des sénateurs à exiger les éclaircissements du ministre du Plan sur les aspects opérationnels, financiers et sécuritaires du projet.

 Le Sénat au cœur du dispositif 

Devant les élus des provinces, le représentant de l’UNFPA a insisté sur le rôle stratégique de la Chambre haute dans la réussite du RGPH2, une opération attendue depuis plus de quarante ans. « Votre rôle ne se limite pas aux couloirs du pouvoir central ; vous êtes les voix des territoires. Nous vous sollicitons pour devenir les ambassadeurs du recensement dans vos circonscriptions », s’est-il ainsi adressé aux sénateurs, pour une mobilisation accrue des communautés, y compris dans les zones enclavées ou en proie à l’insécurité.

Présentée comme une réforme structurante, l’opération apparaît, selon l’UNFPA, comme un outil indispensable à la planification du développement en RDC, dont la population est estimée à plus de 112 millions d’habitants. En l’absence de recensement depuis 1984, le pays fait face à un déficit majeur de données fiables. Les statistiques attendues devraient ainsi orienter les politiques publiques, notamment en matière de décentralisation, de répartition des ressources et de découpage électoral.

Dans cette perspective, le Sénat est appelé à jouer un rôle central, tant dans la mobilisation des populations que dans le contrôle de l’action gouvernementale. La Chambre est notamment attendue sur la sécurisation des financements et le suivi rigoureux de différentes phases du processus, de la cartographie au dénombrement.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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