Près de 3 500 passeports de commerçants congolais seraient toujours en attente de traitement auprès des services consulaires chinois à Kinshasa, selon plusieurs témoignages recueillis samedi 8 août 2026. Certains concernés affirment attendre depuis plusieurs mois un entretien ou une suite à leur demande de visa, alors que leurs activités commerciales avec la Chine sont à l’arrêt.
Cette situation intervient dans un contexte où la RDC cherche à renforcer son climat des affaires et à consolider ses relations économiques avec ses partenaires, notamment la Chine. La coopération entre Kinshasa et Pékin, engagée depuis plusieurs décennies, occupe une place importante dans les échanges commerciaux et dans les projets d’infrastructures du pays.
Des commerçants en attente
D’après les témoignages recueillis, plusieurs demandeurs auraient déposé leurs passeports et fourni les documents exigés, notamment des invitations d’affaires, mais attendraient toujours une convocation pour un entretien consulaire. » Nous avons remis nos passeports depuis plusieurs mois. Nous ne savons pas quand ils seront traités ni quand nous pourrons les récupérer « , témoigne un commerçant qui requiert l’anonymat. Pour ces opérateurs économiques, le retard représente un manque à gagner important. Ils doivent continuer à supporter des charges courantes, notamment les loyers, les frais de scolarité et les dépenses liées aux soins de santé, alors que leurs activités sont fortement perturbées.
La question des attestations médicales
Les commerçants dénoncent également les conditions liées à certaines attestations médicales exigées dans le cadre des demandes de visa. Selon plusieurs témoignages, des frais supplémentaires d’environ 150 dollars seraient demandés pour une attestation présentée comme nécessaire au dossier. Des allégations faisant état de pratiques de commissions ou de favoritisme circulent également parmi les demandeurs.
À ce stade, notre rédaction n’a toutefois pas pu établir de manière indépendante la réalité de ces accusations ni identifier les éventuels bénéficiaires de ces commissions. La question mérite néanmoins des éclaircissements, notamment sur la nature exacte des examens effectués, les coûts officiels, les établissements habilités à délivrer les attestations et la procédure applicable aux demandeurs.
Des intermédiaires dans le circuit
Face aux délais, certains commerçants disent avoir été approchés par des intermédiaires affirmant pouvoir accélérer le traitement de leurs dossiers moyennant des paiements supplémentaires. Ces pratiques, si elles sont avérées, soulèveraient des questions sur la transparence du processus de délivrance des visas et exposeraient davantage les demandeurs à des risques d’escroquerie.
Un enjeu pour les relations économiques
Au-delà des difficultés individuelles, le dossier pose la question de l’environnement dans lequel évoluent les petits et moyens commerçants congolais qui travaillent avec la Chine. Pour beaucoup, ces activités constituent une source importante de revenus et permettent de faire vivre des familles. Dans le même temps, l’implantation de nouveaux espaces commerciaux dédiés aux produits chinois à Kinshasa suscite des interrogations chez certains opérateurs congolais. Ils craignent notamment une concurrence accrue dans le commerce de détail, secteur traditionnellement occupé par de nombreux nationaux. Ces inquiétudes méritent un débat dépassionné sur les conditions d’accès au marché, la protection de l’activité économique locale et les règles applicables aux investisseurs et commerçants étrangers.
Des explications attendues
La situation appelle désormais des clarifications de la part des autorités congolaises compétentes et de la représentation diplomatique chinoise à Kinshasa. Les commerçants concernés souhaitent notamment connaître le nombre exact de dossiers en attente, les raisons des délais constatés et les modalités permettant de récupérer les passeports ou de poursuivre normalement les procédures. Une clarification officielle permettrait également de distinguer les éventuelles difficultés administratives des accusations de pratiques irrégulières qui circulent actuellement parmi les demandeurs. Alors que Kinshasa et Pékin entendent poursuivre leur coopération économique, la transparence des procédures consulaires apparaît comme un élément essentiel pour préserver la confiance des opérateurs économiques et la qualité des relations entre les deux pays.
La Tempête des Tropiques / Provinces26rdc.com
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