RDC-Construction d’un nouveau siège parlementaire : Noël Tshiani recommande la suppression du Sénat pour réallouer les fonds aux priorités nationales, en réponse à l’appel de Sama Lukonde

Lors de la rentrée parlementaire du 16 septembre 2024, le Président du Sénat de la République Démocratique du Congo (RDC) a souligné la nécessité de doter le Parlement d’un siège propre, le Palais du Peuple étant utilisé provisoirement depuis 30 ans. Il a appelé à ce projet durant cette législature, en collaboration avec la Chambre des Députés.

En réponse à cet appel, Noël Tshiani a exprimé son point de vue sur Twitter (X), indiquant que, bien que le Palais du Peuple soit temporaire, il reste adéquat pour les fonctions parlementaires actuelles. Selon Tshiani, la priorité devrait être donnée aux domaines essentiels comme l’éducation, la santé, et la lutte contre la pauvreté, plutôt qu’à la construction d’un nouveau siège. Il a souligné que les fonds disponibles devraient être utilisés pour des projets ayant un impact direct sur la vie des Congolais.

Tshiani a proposé que lorsque les ressources financières de l’État seront plus conséquentes, un projet global pourrait être envisagé pour réorganiser toutes les institutions publiques, y compris la construction d’un nouveau siège pour le Parlement et les ministères. En attendant, il recommande que les parlementaires utilisent le Palais du Peuple de manière efficace et se concentrent sur l’élaboration de lois de qualité tout en réduisant les dépenses publiques.

Il a également suggéré une réflexion sur la pertinence d’un Parlement bicaméral, posant la question de savoir si la RDC ne devrait pas envisager la suppression du Sénat pour réduire les coûts et réinvestir les économies dans des projets de développement et de réduction de la pauvreté. Cette proposition invite à une évaluation critique de l’efficacité des institutions et de leur impact financier sur le pays.

Diomi Ndongala répond à Sama Lukonde : « la gestion des priorités du peuple congolais doit toujours prévaloir sur le confort élitiste »

Lors d’un échange mardi 17 septembre 2024 avec MCP, Eugène Diomi Ndongala, président national de la Démocratie chrétienne (DC), a réagi à l’allocution du président du Sénat, Sama Lukonde, en soutenant que « la gestion des priorités du peuple congolais doit toujours prévaloir sur le confort élitiste ».

Pour lui, les autorités congolaises devraient commencer à réfléchir en termes de « gestion des priorités » pour le peuple congolais, plutôt que continuer à mettre en avance leurs avantages, le luxe et leur confort élitiste. Il n’est donc pas prioritaire de chercher à construire un bâtiment pour le Parlement, alors que le Palais du peuple fait bien l’affaire.

« N’oublions jamais que la RDC est le quatrième pays le plus pauvre au monde, avec 7 millions de déplacés de guerre qui vivent dans des conditions infra humaines, et que le revenu per capita du Congolais ne fait que dégringoler depuis des décennies ; nous devons faire face à une grave épidémie de Mpox que nous devrions commencer à gérer grâce aux « dons » d’autres pays, alors que le plan de vaccination se fait encore attendre, dans son application concrète, probablement faute de moyens logistiques », a-t-il poursuivi.

Dans un contexte de crise comme l’actuel, « les responsables politiques sont appelés à prôner l’austérité et la diminution du train de vie des institutions, plutôt que les dépenses liées au fonctionnement de celles-ci, comme le président du Sénat vient de faire, dans son discours d’ouverture de la session parlementaire en cours, essentiellement budgétaire ».

En ce qui concerne les 30 ans d’attente d’un siège pour le Parlement, alors que le Palais du peuple fait suffisamment l’affaire, comme on vient de déclarer du perçoir du Sénat, « il ne faut pas oublier que ça fait aussi des décennies que le peuple congolais attend voir se concrétiser une amélioration de ses conditions de vie, par l’augmentation du taux d’électrification du pays, par exemple, l’accès à l’eau potable et la construction d’infrastructures de base essentielles à la relance économique du pays.

Malheureusement, nous constatons, encore une fois, que l’actuel projet de budget 2025 prévoit toujours l’explosion des dépenses liées au fonctionnement des institutions qui consomment plus de 65 % du Budget national, pourcentage qui augmente grâce aux dépassements systémiques du budget, comme il est bien prouvé chaque fin d’année budgétaire, par l’adoption de la loi de reddition des comptes, alors que les dépenses en investissement stagnent », réagit Diomi Ndongala face aux priorités exprimées par Sama Lukonde, président du Sénat, lors de l’ouverture, le 16 septembre dernier, de la session budgétaire.

Sur ces bases, a-t-il conclu, « la relance économique de la République démocratique du Congo n’est qu’un lointain mirage ».

Perfection 243 / Provinces26rdc.com

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