RDC-Débat autour de la réforme constitutionnelle : « Les priorités sont inversées et le pays s’égare », Joseph Olenghankoy interpelle le chef de l’Etat

Les priorités sont inversées et le pays s’égare. Olenghankoy s’insurge contre le débat autour de la réforme constitutionnelle qu’il accuse de “paralyser” la vie nationale. Selon le sage de la République, cette focalisation excessive détourne l’attention de véritables urgences, allant jusqu’à impacter le fonctionnement des institutions.

Le chef du CNSA a interpellé le président Tshisekedi à rendre opérationnels ses engagements constitutionnels et ses « promesses de dialogue », aussi bien envers son peuple que ses homologues africains. Il l’invite surtout à se démarquer de “flatteurs” et autres “faux prophètes” qu’il accuse d’entretenir des thèses “néfastes”, guidées par des intérêts inavoués.

Pendant que la guerre persiste et que la cohésion nationale est fragilisée, les débats constitutionnels accaparent l’espace public et divisent profondément la société. Or, explique Joseph Olenghankoy, la mission première du chef de l’État reste la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale. À ce titre, il doit, selon lui, “faire taire ce qui divise” et se hisser au-dessus des querelles politiques.

Ainsi, le patriarche rejette toute initiative visant à toucher à la loi fondamentale dans le contexte actuel. Il considère que ces discussions ne sont “ni urgence, moins encore une priorité”. Pire encore, il y voit même un facteur aggravant de la fragmentation nationale, déjà alimentée par la crise sécuritaire.

Appui historique 

Pour appuyer sa position, l’ex-candidat à la présidentielle de 2006 convoque le passé politique congolais. De la lutte pour l’indépendance aux grandes assises nationales, en passant par la Conférence nationale souveraine (CNS) et le dialogue intercongolais de Sun City, Joseph Olenghankoy rappelle que les avancées démocratiques du pays sont le fruit de longues luttes et souvent douloureuses.

Dans cette mémoire collective, des figures emblématiques comme Étienne Tshisekedi (père biologique de l’actuel président) ou encore Patrice Lumumba incarnent les sacrifices consentis pour bâtir un État démocratique. Des acquis que le CNSA considère comme intangibles, notamment ceux protégés par l’article 220 de la Constitution. « Notre histoire a produit, elle-même, une tradition ininterrompue du contenu de la démocratie et des méthodes de résolution pacifique des conflits sociopolitiques », a-t-il commenté dans sa communication de mardi 5 mai 2026.

La ligne rouge est tracée. D’après le leader des FONUS, toucher à ces fondamentaux historiques reviendrait à trahir l’histoire et les sacrifices consentis par des générations entières. L’homme d’Etat vante un véritable « devoir de mémoire » et met en garde contre toute tentative de remise en cause des principes démocratiques issus des luttes passées.

Le président du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint Sylvestre appelle également le chef de l’État à s’inscrire dans la continuité historique en protégeant l’unité nationale. Selon lui, laisser prospérer des débats jugés clivants risquerait d’aggraver les fractures internes du pays.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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