RDC : Dialogue, Moni Della insiste sur le caractère inclusif

Le dialogue national tant réclamé et finalement accepté par le président de la République, ne devrait exclure personne, a prévenu vendredi Moïse Moni Della, lors du lancement de la plateforme « Camp de la nation ». Le leader CONADE est tranchant sur le caractère inclusif du dialogue.

Face à la presse, l’opposant a réaffirmé son souhait de voir tous les enfants du Congo réunis autour d’une table pour évoquer l’unité et la cohésion nationale. Depuis le début de la crise, Moni Della est parmi les rares à avoir défendu la politique d’inclusion. Voilà pourquoi il a invité, de vive voix, le chef de l’État, les acteurs politiques congolais dans toute leur diversité, à un sursaut patriotique. Le chef de file du CN reste convaincu que « c’est par le consensus que la RDC pourra mettre fin à la guerre, démanteler les groupes armés négatifs et sauver ainsi l’intégrité territoriale du pays, en reconstruisant l’unité pour arriver à la cohésion nationale ».

Fort de sa connaissance de l’histoire politique de la RDC, l’opposant rappelle qu’aucune tentative de déstabilisation ou velléité de balkanisation, soudanisation ou mieux « Yougoslavisation » comme le conceptualise le CN, ne peut être tolérée. Au-delà des clivages politiques, majorité ou opposition, Moni Della insiste sur l’intérêt supérieur de la nation qui doit primer. D’ailleurs, le « Camp de la nation » ne voit pas comment les divergences d’opinions sur les réformes institutionnelles ou sur la gouvernance peuvent fracturer la nation. Ainsi, le CN souhaite que le chef de l’Etat convoque avec diligence, le dialogue national et inclusif « sous la direction de nos pères spirituels, nous citons la CENCO, l’ECC, l’ERC, les musulmans et les Kimbanguistes, sous l’encadrement de l’UA et l’ONU ».

 Election, référendum… 

Dans son plaidoyer, le leader politique insiste sur des élections apaisées, sans l’exclusion des Congolais de l’est du pays. À ce sujet, Moni Della est vent debout contre les ingérences extérieures et les rivalités politiques qui déstabilisent le pays. Au même moment, il presse pour une réponse rapide à la détresse humanitaire de millions des Congolais déplacés et ceux qui sont sous la menace du virus d’Ebola et autres maladies dangereuses.

Entre-temps, au régime, le « Camp de la nation » rappelle que l’expression démocratique des opinions et la liberté de manifester pacifiquement sont garanties par la Constitution. « Il est anti-constitutionnel de les restreindre. C’est pourquoi, le CN interpelle vivement le chef de l’État, Félix Tshisekedi, représentant de la nation et symbole de l’unité nationale (article 69 de la Constitution) et sa coalition au pouvoir, de s’abstenir à toute initiative tendant à mettre en mal l’unité des communautés que compose la République démocratique du Congo ».

L’organisation l’exhorte, par contre, à œuvrer pour la décrispation du climat politique et social, par la libération de tous les détenus et prisonniers politiques ainsi que ceux d’opinions, de cesser de museler toute voix discordante, mais surtout de mettre fin aux poursuites judiciaires pour des raisons inavouées, contre les opposants politiques, sans oublier le retour inconditionnel des exilés politiques.

 Réformes constitutionnelles 

Quant à la question du texte fondamental, Moïse Moni Della fait observer que la majorité au pouvoir ainsi que tous ceux qui veulent le changement de la Constitution n’ont pas tort de réfléchir sur la réforme constitutionnelle. « La Constitution est un contrat social, le vivre-ensemble d’un peuple peut être codifié dans un texte comme le disait Barack Obama. La Constitution n’étant ni la Bible, ni le Coran, encore moins la Torah, peut donc être changée par la seule volonté du constituant originaire qu’est le peuple », soutient le président des CONADE.

Il croit aussi que l’opposition ainsi que tous ceux qui pensent le contraire n’ont pas non plus tort d’autant plus que cette réforme constitutionnelle implique absolument le référendum qui est une élection, or, nuance Moni Della, organiser une élection dans le contexte où l’est du pays est occupé, revient à exclure une grande partie de Congolais qui risqueraient de ne pas se reconnaître dans ce scrutin et décider de se constituer en une entité autonome. A ses yeux, il y a un risque immédiat d’une situation qui pourrait profiter aux conspirateurs séparatistes dont leur cheval de bataille est de couper le pays en plusieurs morceaux.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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