Pour le sénateur et ancien vice-gouverneur de Kinshasa, Gérard Mulumba, le diagnostic est sans appel : l’insécurité actuelle est le fruit d’une faillite de commandement au sein de la Police nationale.
L’aspect le plus frappant de l’intervention de Gérard Mulumba réside dans la dénonciation d’une impunité quasi institutionnalisée. Selon lui, les auteurs des troubles ne sont pas des fantômes. Ils sont parfaitement connus des services de sécurité et des autorités locales.
« Ces gens-là opèrent en toute quiétude comme si la police n’existait pas. Nous savons tous dans nos quartiers que les Kuluna sont connus, par les chefs de rue, les chefs de quartier, la police locale».
Une criminalité « identifiée mais tolérée »
Cette « cartographie du crime », pourtant claire pour les riverains, ne semble pas donner lieu à des actions préventives ou répressives efficaces. Cela donne à la population un sentiment d’abandon total.
L’incompétence du commandement pointé du doigt
Le sénateur ne mâche pas ses mots à l’égard de la hiérarchie policière de la ville-province. Pour lui, l’inefficacité de la police de Kinshasa sur le terrain est le reflet direct d’un manque de leadership et de stratégie à sa tête.
« Nous avons à la tête de la police de la ville-province de Kinshasa les commandants les plus incompétents que nous n’ayons jamais eus. Quand il y a des batailles entre eux, on sait que tel groupe se bat contre tel autre groupe. Mais que fait la police ? », questionne Gecoco Mulumba.
Cette critique souligne un paradoxe criant. Alors que les structures de base (chefs de quartiers et de rues) détiennent l’information, la force publique semble incapable de transformer ce renseignement en action concrète pour neutraliser les gangs dans plusieurs quartiers.
Un quotidien dans la peur
Au-delà des chiffres, c’est l’ambiance délétère de la capitale qui est décriée. Le phénomène « Kuluna » ne se limite plus à des bagarres de quartiers. Désormais, ce sont des braquages et des meurtres de sang-froid qui sévissent dans la ville. Le tout est aggravé par une gestion chaotique de la voirie et des embouteillages qui facilitent les opérations des malfrats.
Le cri d’alarme de Gérard Mulumba résonne comme un appel à une réforme urgente dans la police et à un changement de paradigme au sein des forces de l’ordre. Si les bandits sont identifiés, leur maintien en liberté ne peut être interprété que comme une défaillance majeure de l’État dans sa mission régalienne de protection des citoyens.
Top Congo FM / Provinces26rdc.com
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