Selon les estimations 2025 de l’Organisation internationale du travail (OIT), au moins 50 000 cambistes à la sauvette opèrent dans les rues de Kinshasa. Désormais, ils ont une année pour trouver un boulot de reconversion pour ne pas crouler dans l’oisiveté.
« Ce sont (pourtant, Ndlr) des acteurs clés du marché des devises, opérant en dehors des banques. Ils échangent informellement des dollars, euros et francs congolais (CDF), soutenant les PME malgré la volatilité des taux », indique un rapport sur base duquel la vice-primature de l’Économie nationale, a lancé, depuis quelques mois, le processus de formalisation pour intégrer ces acteurs et réduire la spéculation. Et ce, conformément à la recommandation 204 de l’OIT visant à orienter les États membres pour faciliter cette transition tout en respectant les droits fondamentaux des travailleurs, en offrant des possibilités de sécurité du revenu, des substances et d’entrepreneuriat.
Leur recensement et leur formation ne valent plus la peine car le gouverneur de la Banque centrale du Congo a décidé qu’à partir du 9 avril 2027, aucune personne, physique ou morale, ne sera autorisée à effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères. Dans une année, toute opération en devises, quel qu’en soit le montant, devra obligatoirement s’effectuer par voie scripturale (virements, cartes, chèques, lettres de change).
C’en est donc fini du régime de mano à mano à moins qu’une mesure transitoire plus souple ne soit prise, dans l’entre-temps, car les cambistes, selon une étude de la Banque mondiale, contrôlent les flux de devises, dans un contexte où 88% de l’économie congolaise est informelle. Face à un taux de chômage demeuré à deux chiffres depuis des lustres, la décision de la BCC n’irait visiblement pas sans un certain mécontentement, surtout à Kinshasa.
Et il n’est pas que les changeurs de monnaie qui devraient subir de plein fouet les effets de la décision de la Banque centrale. Selon les propres statistiques de la BCC, à fin décembre 2025, outre le secteur bancaire qui compte 14 banques en activité, avec 445 points de service (371 agences et 74 guichets avancés), et représentant 97 % des actifs du secteur financier, le système financier formel se compose également de 287 institutions, dont 108 établissements de crédit, 137 sociétés financières, 39 sociétés d’assurances, deux caisses de sécurité sociale et un fonds de garantie.
Et le secteur de la microfinance comprend 101 institutions, dont 78 coopératives d’épargne et de crédit, 15 sociétés de microfinance et 8 entreprises de micro-crédit. Elles disposent de 186 points d’exploitation et représentent environ 3 % des actifs du secteur financier. Près de 70 % de ces institutions sont concentrées dans trois provinces, à savoir; Kinshasa, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Toutes ces entités ou presque ne tiennent leurs activités que grâce au fil des devises. Selon un expert, leurs extinctions risquent d’aggraver la situation socio-économique déjà endémique, singulièrement dans la capitale.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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