Alors que la crise du maïs sévit dans les grandes villes du pays, des centaines de tonnes de maïs traînent à la gare de Kanyama, province du Haut-Lomami. Il s’agit d’une production du Service national provenant du centre de Kanyama-Kasese. En effet, cette cargaison chargée dans des wagons doit être acheminée dans la région du Kasaï. Mais faute de locomotive, les responsables du centre craignent que le maïs ne pourrisse en gare.
L’alerte est donnée par un militaire du Service national. Il serait l’un des formateurs affectés au centre de Kanyama-Kasese. Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, cet agent montre une rame des wagons chargés. Et il déclare en lingala (une des langues nationales) ”nous sommes à la gare de Kanyama. Voici 680 tonnes de maïs bloquées ici depuis un mois. Il n’y a pas de locomotive, pourtant la cargaison est exposée aux intempéries”. Il interpelle les responsables de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). L’homme exige l’évacuation de cette marchandise périssable.
Non, déclare la SNCC
Pour sa part, la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) reconnaît avoir réceptionné une cargaison de maïs provenant du centre de Kanyama-Kasese. Le maïs était chargé dans 19 wagons à la gare de Kanyama. Néanmoins, la société a fourni des efforts pour évacuer une grande partie de ce stock.
« Sur 19 wagons, nous avons déjà acheminé 15 vers Mwene-Ditu dans le Kasaï. En principe, il ne reste que 4 wagons de maïs de Kanyama-Kasese », assure Fabien Mutomb, directeur général de la SNCC.
La SNCC indique, par ailleurs, que le nombre de locomotives est limité. Lorsqu’une ou deux locomotives se trouvent dans la région du Kasaï, il faut attendre leur retour à la gare de Kamina ou à Lubumbashi. C’est seulement après que l’on peut programmer un nouveau train, assure le Directeur général.
SNCC et son outil de production
Rappelons que la SNCC, vieille de plus de 50 ans, a beaucoup de défis à relever. Son outil de production par exemple nécessite un renouvellement. Il y a deux ans, la direction technique déclarait que pour répondre à la demande en transport ferroviaire, les besoins sont énormes. Il faut environ 100 locomotives. Or actuellement, la société n’en compte qu’une dizaine.
Et sur plus de 2.000 wagons, seuls 900 sont opérationnels, et la voie ferrée est en mauvais état, même si des travaux de réhabilitation ont été exécutés sur certains tronçons.
Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com
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