Le 8 juillet 2026 approche et la tension monte d’un cran. La Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) accuse le pouvoir de préparer le terrain à une grande répression. Pour les opposants anti-système, le pouvoir construit artificiellement un risque afin de faire taire une manifestation déclarée non-violente.
La C64 rejette les mises en garde du pouvoir UDPS. « Notre force réside dans notre civisme ; notre victoire résidera dans notre attachement à la Constitution. La volonté du peuple est plus forte que la peur. Les accusations portées aujourd’hui contre l’opposition constituent une tentative manifeste de préparer l’opinion nationale et internationale à d’éventuelles provocations. Si des actes de violence, d’infiltration ou de vandalisme devaient survenir, leurs auteurs ainsi que leurs commanditaires devraient en répondre devant la nation et devant l’histoire ».
L’opposition enchaîne les griefs. Campagnes hostiles de l’Union sacrée, appels au meurtre des opposants, répression de la manifestation du 12 juin 2026, intimidations, et retrait du passeport de Delly Sesanga. Pour les ténors de cette plateforme, c’est une stratégie d’étouffement démocratique face à un projet de remise en cause de la Constitution.
La C64 fixe le sens de la marche. « Elle dira non à toute tentative de coup d’État constitutionnel. Elle dira non à un référendum destiné à contourner les verrous constitutionnels. Elle dira non à toute tentative d’ouvrir la voie à un troisième mandat anticonstitutionnel ». La coalition précise que la mobilisation n’est dirigée contre aucune ambassade ni aucun État.
L’administration Tshisekedi interdit le rassemblement à Kinshasa
Le pouvoir durcit le ton. Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a instruit le 27 juillet les gouverneurs de Kinshasa, Tshopo, Haut-Uélé et Bas-Uélé d’interdire tout attroupement. Motif officiel : éviter la propagation d’Ebola présent en Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu. La mesure est sanitaire, mais elle est qualifiée de politique par les opposants.
Le calendrier pose déjà une question. L’interdiction tombe au moment où la C64 prévoit sa marche à Kinshasa contre un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi. Le gouvernement avance les raisons de santé publique, l’opposition y voit un prétexte politique. La mouvance souligne que l’article 26 de la Constitution a été respecté, avec information préalable des autorités.
L’opposition internationalise l’alerte. « Nous appelons les partenaires internationaux, les missions diplomatiques, les organisations régionales et internationales ainsi que les organisations nationales et internationales de défense des droits humains à suivre avec la plus grande vigilance le déroulement de la marche du 8 juillet 2026. La protection des libertés publiques et le respect de la Constitution constituent aujourd’hui un enjeu majeur pour l’avenir démocratique de la République démocratique du Congo » .
Le souvenir de janvier 2024 est rappelé. L’opposition confirme que les ambassades avaient alors été prises pour cible avec, selon elle, la passivité policière. Cette fois, insiste-t-elle, la marche est républicaine, centrée sur l’État de droit et la souveraineté populaire.
Lubaya démonte l’argument sanitaire
Sur X, l’opposant Claudel Lubaya parle d’« alibi Ebola ». « L’alibi Ebola ou l’art du confinement politique sélectif. Un fantôme épidémique semble à nouveau hanter les couloirs du ministère de l’Intérieur. C’est du moins ce que laisse entendre le télégramme officiel du 27 juin 2026 signé par le ministre de l’Intérieur. Sous le fallacieux prétexte de prévenir une résurgence de la maladie à virus Ebola, ce document ordonne l’interdiction de tout attroupement des masses ».
Le cadre Sauvons le Congo voit une géographie incohérente. Kinshasa, Tshopo, Haut-Uélé et Bas-Uélé sont ciblés, mais pas le Nord-Kivu ni le Sud-Kivu, pourtant associés aux flambées passées. « Cherche-t-on réellement à contenir un virus ou à contenir la contestation ? », demande-t-il.
Lubaya interroge l’application de la mesure. Pourquoi viser seulement les rassemblements de l’opposition et pas les marchés, lieux de culte ou événements officiels ? « Le virus frapperait-il uniquement les rassemblements de l’opposition ? Épargnerait-il miraculeusement les lieux de culte, les espaces commerciaux et les activités politiques favorables au régime ? », interroge l’ex-Gouv du Kasaï central.
Le ton devient accusatoire. « La santé publique mérite mieux que les approximations. La démocratie mérite mieux que les prétextes. Le véritable virus que le pouvoir tente de contenir n’est pas sanitaire. Il est politique. Et son nom est : la peur du peuple dans la rue, le 8 juillet prochain, pour en découdre avec la rébellion contre la Constitution ».
Ouragan / Provinces26rdc.com
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