La mission de maintien de la paix des Nations Unies en République démocratique du Congo (Monusco) ne quittera pas le pays en décembre 2024 comme il était prévu, a rapporté The EastAfrican, citant un responsable de l’ONU.
Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, qui s’est rendu en RDC la semaine dernière, a déclaré que le 31 décembre 2024, qui était censé être la date du retrait total des troupes de la Monusco, n’a jamais été formellement convenu par toutes les parties.
« Je démens cette rumeur, d’autant plus qu’elle n’a jamais été confirmée par les autorités, par nous-mêmes ou par le Conseil de sécurité. Nous sommes actuellement en phase de consultation et la situation humanitaire reste très préoccupante. Nous avons rencontré des membres de la société civile qui nous ont tous demandé de rester notamment en Ituri », a déclaré Lacroix à Kinshasa, où il avait auparavant rencontré la Première ministre Judith Suminwa.
Le responsable de l’ONU a déclaré que la Monusco soutiendrait l’armée congolaise, ajoutant qu’il y avait encore « beaucoup de travail à faire » dans l’est de la RDC. La mission de l’ONU avait annoncé un plan de retrait de la RDC, en proie à un conflit, après que le président Félix Tshisekedi eut demandé un « retrait accéléré », qui a également été soutenu par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un rapport d’août 2023 au Conseil de sécurité. La Monusco a passé environ un quart de siècle dans l’est de la RDC, où vivent plus de 200 groupes armés.
En novembre 2023, le ministre congolais des Affaires étrangères de l’époque, Christophe Lutundula, et la cheffe de la Monusco, Bintou Keita, ont signé un accord pour amorcer le retrait de la mission. La mission avait alors déclaré que l’accord contenait « un calendrier complet de désengagement de la Monusco ».
Cependant, les autorités congolaises ont récemment demandé à la Monusco de reconsidérer son plan de retrait, alors même que la mission avait déjà commencé son désengagement, notamment dans la province du Sud-Kivu, où elle s’est complètement retirée et a cédé ses bases à l’armée congolaise.
En 2023, des manifestations ont éclaté au Nord et au Sud-Kivu, les habitants exigeant le départ de la mission de l’ONU, déployée en 1999. Mais en juillet 2024, la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba informe l’ONU de la nécessité de « retarder le processus de retrait » de la Monusco en raison de l’escalade de la violence au Nord-Kivu, où l’armée congolaise combat les rebelles du M23.
Un cessez-le-feu fragile en vigueur depuis le 5 août a été marqué par des attaques sporadiques au Nord-Kivu, où les rebelles combattent depuis plus de deux ans une coalition dirigée par le gouvernement, qui comprend des milices telles que les FLDR. Mais un « vide sécuritaire » redouté par les autorités congolaises se manifeste désormais en Ituri, où des groupes armés comme les ADF et la CODECO sèment le chaos, tuant des dizaines de civils chaque mois.
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