RDC : Le dialogue ne sera pas inclusif sans Kabila et le M23 (Olenghankoy)

Le patriarche campe sur sa position. Olenghankoy soutient qu’aucun dialogue ne pourra revendiquer le caractère inclusif sans la participation des dirigeants de l’AFC/M23, du président de la République honoraire Joseph Kabila, des opposants politiques en exil ainsi que d’autres acteurs privés de liberté.

Le président CNSA considère que la nature de la crise congolaise impose la présence de tous les protagonistes autour de la même table. Il estime que les acteurs militaires engagés dans le conflit, au premier rang desquels figure l’AFC/M23, ne peuvent être tenus à l’écart d’un processus censé conduire au rétablissement de la paix.

Pour étayer sa position, Joseph Olenghankoy convoque l’histoire politique du pays. Il rappelle que les assises de Sun City avaient réuni le gouvernement et les mouvements armés, tandis que la Table ronde de Bruxelles n’avait pu s’ouvrir qu’après la libération de Patrice-Émery Lumumba, obtenue à la demande des leaders congolais. Quant à la Conférence nationale souveraine, elle demeure, selon lui, une autre illustration de l’ouverture qui doit caractériser un dialogue national.

Dans cette logique, le leader des FONUS plaide pour des mesures de décrispation destinées à garantir la participation des personnalités concernées. Il cite notamment Joseph Kabila, les responsables politiques vivant hors du pays ainsi que ceux empêchés de prendre part aux discussions en raison de leur détention ou d’autres contraintes judiciaires.

Au-delà de cette exigence, Joseph Olenghankoy déplore les interprétations qui se multiplient depuis l’annonce du dialogue. Selon lui, certains responsables politiques ou institutionnels entretiennent une confusion sur les contours de l’initiative, au risque d’en altérer l’esprit. Le vieux routier rappelle que le chef de l’État a confié aux chefs religieux la mission de préparer un dialogue politique inclusif, une formulation qui, insiste-t-il, ne saurait souffrir d’interprétation restrictive.

Olenghankoy relève également que la crise traversée par la RDC ne se limite pas à sa dimension politique. Son volet militaire et sécuritaire en constitue, selon elle, le principal défi. Dans ces conditions, vouloir rechercher une issue sans les principaux protagonistes du conflit reviendrait à ignorer la réalité du terrain.

 Des garanties de sécurité 

Ainsi, il met en garde contre un dialogue qui réunirait uniquement des acteurs partageant les mêmes positions. Une telle configuration, affirme-t-il, ne permettrait ni de traiter les causes profondes de la crise ni de favoriser une sortie durable du conflit. Olenghankoy soulève également la question du lieu des assises. Pour lui, exiger la tenue du dialogue à Kinshasa sans offrir de garanties de sécurité aux personnalités menacées d’arrestation compromettrait d’emblée son caractère inclusif.

Le patriarche salue l’appel lancé par le président de l’Assemblée nationale en faveur du dialogue lors de la clôture de la session extraordinaire du 25 juillet. Il invite l’ensemble des acteurs à laisser les chefs religieux, désignés facilitateurs par le président de la République, de définir les termes de référence des assises, notamment leur ordre du jour, les participants, le lieu de leur tenue et leurs modalités d’organisation.

Pour Joseph Olenghankoy, toute tentative de restreindre ces paramètres risque de vider le dialogue de sa substance et d’éloigner davantage les perspectives d’un règlement durable de la crise qui secoue l’est de la RDC.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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