RDC : Le renforcement des positions de l’AFC/M23 au Nord-Kivu provoque des déplacements de population au sud de Lubero

La situation sécuritaire reste volatile dans le sud du territoire de Lubero (Nord-Kivu). Depuis environ une semaine, des renforts massifs en hommes et en matériel militaire de la coalition rebelle AFC/M23 sont signalés dans plusieurs localités. Ce mouvement de troupes ravive les craintes d’une reprise imminente des affrontements, poussant des centaines de familles à abandonner leurs foyers pour se mettre à l’abri.

Selon des sources de la société civile et des sources sécuritaires locales, ces renforts logistiques sont composés notamment d’armes lourdes et d’armes d’appui. Cette présence militaire accrue sur le terrain contraste fortement avec le retrait partiel qui avait été observé en mars dernier dans une partie de cette zone.

Pour les acteurs de la société civile de Lubero, ce redéploiement stratégique pourrait annoncer le lancement de nouvelles offensives par l’AFC/M23. Muhindo Tafuteni, président de la société civile du territoire de Lubero, confirme que la panique s’est emparée des habitants : « Nous confirmons le renforcement des positions du M23 sur les lignes de front, notamment à Kitchombiro, Alimbongo, Mbingi, Buleusa et Kateku. Cela n’a pas manqué d’occasionner des mouvements de populations, qui se sont retrouvées soit à Kipese, soit à Alimbongo, et même à Kasugho. Le fait que l’on voie des militaires, que l’on attendait voir se retirer, renforcer de nouveau leurs positions laisse penser qu’il y aura probablement encore des affrontements. »

Une vigilance accrue des forces de sécurité

Sur le terrain, des sources sécuritaires corroborent ces alertes et confirment le renforcement des lignes rebelles dans le sud de Lubero. Elles se veulent néanmoins prudentes et ne précisent pour l’instant ni l’ampleur exacte de ces renforts, ni les objectifs militaires finaux visés par cette coalition. En attendant, les vagues de déplacements se poursuivent vers les agglomérations jugées plus sécurisées, accentuant la crise humanitaire dans la région.

Bombardements au Nord et Sud-Kivu : les Fardc dénoncent une escalade meurtrière et accusent la coalition RDF/AFC-M23

-

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (Fardc) ont condamné fermement dimanche les bombardements survenus les 4 et 5 juillet 2026 dans plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon l’état-major général des Fardc, ces attaques ont été menées à l’aide de drones armés de type TB2 par la coalition RDF/AFC-M23. L’armée congolaise affirme que les frappes ont visé des zones habitées, causant des pertes en vies humaines ainsi que d’importants dégâts matériels parmi les populations civiles.

Le communiqué met particulièrement en lumière une nouvelle attaque survenue à Baraka, dans la province du Sud-Kivu, où un bilan provisoire fait état de plusieurs morts et blessés parmi les civils.

Les Fardc estiment que cette frappe s’inscrit dans une série d’exactions visant les populations civiles.

L’armée congolaise dénonce également des arrestations arbitraires de jeunes civils dans les territoires sous contrôle de la coalition RDF/AFC-M23.

Selon les Fardc, ces interpellations sont effectuées sous prétexte de prétendus liens avec les Fdlr.

Dans leur déclaration, les Fardc rappellent que les populations civiles ne doivent, en aucune circonstance, être prises pour cible, subir des représailles ou faire l’objet de traitements contraires au droit international humanitaire.

Les Forces armées ont salué par ailleurs le courage, la résilience et le patriotisme des habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qu’elles exhortent à demeurer vigilants et unis autour des institutions de la République ainsi que des forces de défense et de sécurité.

Enfin, les Fardc réaffirment leur engagement à défendre la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et la sécurité des citoyes.

 


Radio Okapi / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*