Ce lundi 28 septembre 2020, l’artiste Jean Goubald a fustigé la sanction infligée à la chanson « Mama Yemo » de son collègue Le Karmapa par la commission de censure et l’a encouragé à ne pas courber l’échine pour dénoncer les tares de la société congolaise à travers ses œuvres, dans une interview accordée.
À l’en croire, la chanson censurée ne cible pas seulement l’hôpital de référence de Kinshasa. Pour lui, c’est même une interpellation faite par « Le Prince de la Rumba congolaise » à ses compatriotes pour favoriser les conditions d’un environnement où il fait beau vivre.
« Même un aveugle peut sentir les odeurs à Mama Yemo. On ne peut pas applaudir quelqu’un qui veut qu’on demeure dans dans un état de crasse. Karmapa est un gars lucide qui est en train de dire à ses frères et soeurs que nous devons nous départir de la crasse. Nous devons essayer de créer un environnement viable et vivable. J’encourage Karmapa à continuer son oeuvre », a-t-il affirmé.
L’auteur de la chanson « Bombe anatomique » ne s’explique pas les raisons de l’interdiction de ce single d’autant plus que la crasse qui a élu domicile à l’hôpital de référence est connue de tous.
« On comprend que le Congolais aimerait demeurer dans la médiocrité. Mama Yemo est médiocre. C’est un hôpital de renom et de référence qui est aujourd’hui devenu médiocre parce que les gens qui dirigent Mama Yemo ne savent donner de l’éclat à leur lieu de travail. Un endroit défini son occupant », a déploré J. Goubald.
Au regard de ce qui est arrivé à l’un des leurs, J. Goubald appelle tous les musiciens à désapprouver cette décision et à parler un langage de secours pour le pays qui se meurt dans la crasse.
Il sied de noter que la chanson « Mama Yemo » de Karmapa qui met en exergue les conditions sanitaires et humaines déplorables dans lesquelles se trouve cet l’hôpital est interdite de toute diffusion par la commission de censure. Cet artiste est également sommé de payer une caution de 2000 $ pour n’avoir pas répondu à sa convocation.
RDC-Affaire chanson « Maman Yemo » : « C’est ridicule de censurer la vérité. Moi, je soutiens Karmapa », (Éve Bazaiba)
Dans une interview accordée à ce lundi 28 septembre 2020, Ève Bazaiba, secrétaire générale du Mouvement de Libération du Congo (MLC), a qualifié cette décision de «ridicule», parce que pour elle, la chanson a relevé des vérités.
« C’est ridicule de censurer la vérité, ça c’est une vérité vraie, la manière dont l’artiste s’exprime. Moi je suis politique, s’il y a quelque chose je vais dénoncer
Maman Yemo c’est la représentation même de la vie des congolais, l’accès aux soins de santé, c’est l’un de troisièmes objectifs du développement durable d’ici 2030, alors quel est le rapport que nous allons donner sur la réduction de la mortalité maternelle et enfantine ?», a déclaré Ève Bazaiba.
Quant à ce, ce cadre du parti cher à Jean-Pierre Bemba, a exprimé son soutien à l’artiste Karmapa.
« Maman Yemo est le reflet de tout ce qui est comme hôpitaux généraux à travers le pays (…) Moi je soutiens Karmapa, parce qu’il a dénoncé. À la place du ministre national et provincial de la santé, moi je ferais un effort pour sauver maman Yemo », ajoute-t-elle.
Outre cela, Bazaiba croit que sauver cet hôpital, c’est sauver les Congolais en général.
« Sauver Maman Yemo c’est sauver les congolais, pendant qu’à la longueur de la journée il y a des musiciens qui balancent des chansons obscènes, on a jamais vu l’un d’eux être censuré», conclut-elle.
Il sied de rappeler que la commission de censure a imposé à Karmapa une amende de 2.000 dollars américains, pour s’est être absenté lors de sa convocation.
Par ailleurs, cette chanson qui a dénoncé les conditions sanitaires et humaines au sein de l’hôpital général de référence de Kinshasa, a connu également la participation de Sam Mangwana, une icône de la musique congolaise.
provinces26rdc.net
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