« Mutu rouge », « Kolo mboka », « Power », « Vin d’amour »… Des boissons à effet aphrodisiaque n’ont pas disparu des commerces malgré leur interdiction par le pouvoir public. À Kinshasa, plusieurs jeunes reconnaissent au micro d’Ouragan, continuer à les consommer, faisant fi des alertes lancées par les autorités sanitaires. « Ce sont des stimulants capables d’améliorer nos performances sexuelles », a lâché un vingtenaire, dans le quartier Mombele, à Limete.
Ils sont à la recherche des stimulants. La pratique est devenue une habitude après de longues journées de travail, pour certains. « Après avoir beaucoup travaillé pendant la journée, je préfère prendre une ou deux bouteilles de Mutu Rouge ou encore de Kolo Mboka pour retrouver de l’énergie. Ça m’aide aussi à calmer certaines douleurs au dos », témoigne Stéphane Makwa.
André, 30 ans, un adepte de « Mutu rouge » explique qu’il utilise ces produits avec ses conquêtes féminines. Il s’agit pour lui de démontrer son exploit et sa puissance. « Il faut montrer que tu es le meilleur, que tu peux boire plus que les autres, que tu peux durer plus longtemps que les autres. C’est un peu le monde actuel, c’est comme ça partout », a-t-il lâché, en esquissant un sourire.
En réalité, la performance sexuelle n’est pas un impératif en soi pour les consommateurs, mais elle compte plus pour la réputation que la partenaire doit se faire de son amant. Et pourtant, les dangers sont bien réels. Fin avril 2026, la Commission de la concurrence (COMCO) et l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP) avaient tiré la sonnette d’alarme après avoir détecté la présence de « Sildénafil », (connu sous le nom commercial de Viagra), dans la boisson appelée « Mutu Rouge ». Malheureusement, ce composant ne figure pas sur l’étiquetage du produit. Les spécialistes confirment qu’il est présent à des doses jugées toxiques pour les consommateurs.
Les risques sanitaires sont donc énormes, notamment des troubles cardiaques pouvant entraîner la mort. D’où, les professionnels de santé appellent à une prise de conscience. Au Centre de santé Salem, toujours à Limete, le docteur Terance Longange a prévenu que derrière la recherche de performance ou de stimulation se cachent des conséquences parfois lourdes pour l’organisme. « J’appelle tous les jeunes à arrêter la consommation abusive de ces boissons énergisantes. Elles exposent à plusieurs conséquences sanitaires graves, notamment des maladies du foie comme les hépatites, des troubles mentaux, la pancréatite, l’hypertension artérielle ainsi qu’un vieillissement précoce. À long terme, cela peut également provoquer des problèmes sexuels et d’autres complications liées à la santé », a-t-il averti.
Le toubib conçoit mal qu’en dépit des avertissements des autorités et du corps médical, ces produits soient encore disponibles dans plusieurs points de vente de la capitale devant les autorités publiques impuissantes. Interrogés, plusieurs vendeurs ont refusé de s’exprimer sur la poursuite de leur commercialisation.
Malgré les mises en garde des autorités sanitaires, les boissons aphrodisiaques continuent de séduire une partie de la population dans plusieurs quartiers de Kinshasa. Cette situation inquiète les médecins qui redoutent une aggravation des risques pour la santé publique.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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