En l’espace d’un mois seulement, plus de 1.400 femmes ont été victimes de violences sexuelles dans les alentours de la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo. Ces chiffres sont donnés par Médecins sans frontières (MSF) dans son rapport publié début du mois de septembre 2023. (SOS Médias Burundi)
Selon Asmane Kaboré, coordonnateur des urgences au sein de MSF en province du Nord-Kivu, ces femmes ont été violées dans les camps de déplacés entourant la ville de Goma dont les sites de Bulengo, Kanyarutchinya, Lushagala, où intervient MSF.
Les affrontements entre l’armée congolaise, le M23, et de nombreux groupes armés établis au Nord-Kivu ont poussé plus d’un million de personnes à fuir leur foyer depuis mars 2023.
Parmi elles, plus de 600 mille ont trouvé refuge dans des sites de déplacés, souvent surpeuplés et insalubres, aux abords de la ville de Goma.
Les équipes de MSF ont soigné 674 victimes de violences sexuelles à Bulengo, Lushagala, Kanyaruchinya, Eloime, Munigi et Rusayo, dont 360 rien que sur ce dernier site, l’un des plus récents et plus densément peuplés, situé à l’ouest de Goma.
Des chiffres, par ailleurs, probablement sous-estimés, étant donné qu’ils ne prennent en compte que les consultations réalisées par les équipes de MSF dans les sites de déplacés où l’organisation est présente.
« En à peine deux semaines, plus de 670 victimes de violences sexuelles ont été prises en charge par les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) dans les sites de déplacés autour de Goma. Cela représente en moyenne 48 victimes par jour. Ces chiffres choquants témoignent de l’extrême vulnérabilité et des risques de violences auxquels sont exposées les personnes déplacées. Près de 60% des victimes ont été agressées moins de 72 heures avant de se présenter à MSF, illustrant l’urgence de la situation », a précisé Asmane Kaboré.
Plusieurs victimes rencontrées par SOS Médias Burundi affirment que les mauvaises conditions de vie font qu’elles sont exposées aux violences sexuelles de toutes formes. Des témoignages qui donnent la chair de poule.
« Je suis une déplacée venue de la cité de Kitshanga en territoire de Masisi. J’ai fui les affrontements avec quatre enfants et lorsque nous sommes arrivés dans les camps, mes enfants n’avaient pas à manger. Du coup j’ai pris la décision d’aller travailler pour les autres, souvent au centre-ville de Goma. Un soir, j’ai rencontré deux hommes au niveau de l’entrée de Nyiragongo. Ils m’ont harcelée et m’ont frappée à la tête avec une bouteille vide. J’ai tenté de me sauver mais ils m’ont aspergée des produits toxiques au visage et j’ai perdu connaissance. Ils ont fait ce qu’ils voulaient. Le matin je me suis retrouvée à l’hôpital. Les premiers jours je ne pouvais pas me tenir debout. Aujourd’hui la santé commence à s’améliorer », témoigne cette victime, les larmes aux yeux.
Les violences sexuelles sont devenues monnaie courante dans cette région du Congo dominées par des groupes armés locaux et milices locales que l’ONU et la sous-région peinent encore à démanteler.
sosmediasburundi/Provinces26rdc.com
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