Le ton est monté d’un cran. Et cette fois, les mots frappent là où ça fait mal. Olenghankoy s’en est pris frontalement à la démarche portée par le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata sur la réforme constitutionnelle.
Dans un contexte actuel où plusieurs grandes agglomérations échappent encore au contrôle du pouvoir central, une telle initiative, selon lui, ne pourrait conduire qu’à l’éclatement, mieux, à la balkanisation du pays. « Les auteurs de cette démarche seraient seuls responsables devant Dieu, l’histoire et la nation », a prévenu le président du CNSA.
Joseph Olenghankoy s’étonne que ceux qui agitent aujourd’hui la révision de la Constitution soient aussi les héritiers d’un combat historique qu’ils semblent désormais trahir. Les acquis démocratiques actuels, rappelle-t-il, sont inspirés du projet de Constitution de la Conférence nationale souveraine et arrachés au terme d’une lutte implacable menée par feu Étienne Tshisekedi et ses compagnons.
D’où, l’ex-enfant terrible de l’opposition conçoit mal qu’une certaine élite au pouvoir tourne le dos à l’héritage dont elle se réclame pourtant. « Il serait regrettable pour le pays et la nation, et immoral vis-à-vis du peuple, que les héritiers et bénéficiaires de ce combat soient les premiers à tenter de faire écrouler cette pyramide de lutte historique, populaire et pacifique. Non, on ne peut pas effacer l’histoire d’un peuple! », désapprouve-t-il.
Mais au-delà de la mémoire, c’est la légalité même de la démarche qui est remise en cause conformément à l’article 219 de la loi fondamentale qui stipule : qu’« Aucune révision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège ni pendant l’intérim à la présidence de la République ni lorsque l’Assemblée nationale et le Sénat se trouvent empêchés de se réunir librement ».
Tshisekedi fils interpellé
Dans ce réquisitoire, Félix Tshisekedi est directement interpellé. Olenghankoy a appelé le chef de l’État à ne pas suivre « ces hommes » qu’il décrit comme ayant « la science sans conscience ». Il les accuse d’avoir, hier, présenté l’actuelle Constitution comme la meilleure au monde, avant de la fouler aujourd’hui aux pieds pour des intérêts égoïstes.
Mais le ton se durcit encore lorsqu’il évoque des « griots » qui cherchent à plonger le pays déjà si fragile à cause de la guerre, dans un chaos profond. « Cette démarche ne profite qu’aux ennemis de la République qui ont toujours cherché des occasions pour balkaniser le pays », a-t-il alerté. Ainsi, le leader des FONUS s’interroge : « Quel serait le sort de toutes ces agglomérations et provinces qui échappent au contrôle du gouvernement en cas de réforme constitutionnelle ? N’est-ce pas ça la partition de la RDC tant redoutée depuis son indépendance et contre laquelle, Patrice Emery Lumumba, Maurice Mpolo, Joseph Okito et tant d’autres ont sacrifié leur vie ? ».
Hormis l’avertissement, le chef de l’institution d’appui à la démocratie rappelle au président de la République son serment d’investiture du 20 janvier 2019 et du 20 janvier 2024, ainsi libellé : « Moi, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, élu président de la République démocratique du Congo, je jure solennellement devant Dieu et la nation d’observer et de défendre la Constitution et les lois de la République ; de maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire ; de sauvegarder l’unité nationale ; de ne me laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine ; de consacrer toutes mes forces à la promotion du bien commun et de la paix ; de remplir, loyalement et en fidèle serviteur du peuple, les hautes fonctions qui me sont confiées ».
Engagement de Montreux
Cependant, Joseph Olenghankoy salue les pourparlers de Montreux entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, qu’il considère comme une preuve que les Congolais peuvent surmonter leurs divergences dans l’intérêt supérieur de la nation. En dépit de leur importance, le CNSA considère que les accords conclus à l’extérieur du pays entre les seuls belligérants, restent insuffisants pour résoudre durablement la crise.
Voilà pourquoi il plaide pour leur consolidation à travers la tenue d’un dialogue national inclusif, qu’il estime indispensable pour une solution globale et durable. Entre-temps, Olenghankoy insiste sur le respect des engagements pris, notamment l’aide humanitaire, la libération des prisonniers et la mise en œuvre du mécanisme de vérification du cessez-le-feu, en tenant compte des souffrances de populations civiles.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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