RDC : Purusi visé par une motion de censure

Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, se retrouve au centre d’une forte tempête politique. Son mandat est désormais contesté par une frange importante de l’Assemblée provinciale, qui emet en cause sa gestion et plusieurs décisions prises depuis son investiture.

Dans l’hémicycle, le climat s’est brusquement tendu, transformant les critiques politiques en une procédure formelle de mise en accusation. Dix-huit députés ont franchi le pas en déposant une motion de censure, estimant que la gouvernance actuelle du Sud-Kivu est marquée par de graves irrégularités.

Dans leur déclaration rendue publique le mardi 21 avril, les élus provinciaux reprochent au gouverneur la promulgation jugée irrégulière de l’édit budgétaire 2026 sans vote préalable de l’organe délibérant, ainsi que des propos qui auraient, selon eux, démobilisé les forces armées congolaises et les groupes d’autodéfense Wazalendo. De plus, ils lui imputent également des déclarations publiques perçues comme une forme de soutien aux rebelles de l’AFC/M23.

Les élus locaux dénoncent surtout des incohérences dans les informations fournies au chef de l’État, notamment sur l’arrestation de ressortissants chinois et l’existence supposée de nombreuses entreprises chinoises opérant clandestinement dans la province. À cela s’ajoutent des accusations de nominations jugées clientélistes dans les services financiers provinciaux.

Des accusations financières et administratives au cœur du dossier 

Le volet financier de la motion est particulièrement lourd. Les députés accusent le gouverneur d’avoir engagé des dépenses mensuelles estimées à 5,5 millions de dollars depuis son entrée en fonction, sans résultats visibles en matière de développement, pour un total évalué à 44 millions USD sur huit mois.

Parmi les montants contestés figurent 700 000 USD destinés à l’identification des Wazalendo, 330 000 USD de chèques sans provision, ainsi que des fonds importants issus du programme STAR-EST, estimés à 90 millions USD, logés dans des circuits bancaires à Kinshasa.

Les contestataires évoquent également des recettes fiscales et minières perçues dans plusieurs territoires, notamment 600 000 USD à Bukavu, 90 000 USD à Uvira et 677 000 USD collectés via mobile money dans le cadre de l’exploitation minière artisanale.

Ils citent enfin un transfert de 1,7 million USD reçu du gouvernement central pour la restauration des institutions après la reprise d’Uvira, ainsi que des retraits jugés irréguliers de 400 000 USD en espèces et de 10 lingots d’or pesant plus de 15 kg, initialement placés sous séquestre judiciaire.

Cette motion de censure, désormais entre les mains de l’Assemblée provinciale siégeant à Uvira, ouvre une phase politique sensible pour l’exécutif provincial. Les débats à venir devraient déterminer l’avenir du gouverneur face à des accusations combinant gestion publique, gouvernance politique et questions financières.

Pour les initiateurs, la démarche s’inscrit dans le cadre légal de la Constitution et des textes régissant les provinces, notamment la loi organique sur la libre administration des provinces et le règlement intérieur de l’Assemblée provinciale.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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