RDC-Réforme constitutionnelle : Monsenepwo demande au Vatican de clarifier les limites de l’intervention politique de la CENCO

Ce jeudi25 juin 2026, l’acteur  politique et membre de l’union sacrée Jean Thierry Monsenepwo a adressé un mémoire canonique et ecclésiologique au Saint-Siège dans lequel il sollicite des éclaircissements doctrinaux et canoniques à la suite du communiqué publié le 20 juin dernier par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), intitulé « La Nation est en péril ».

Se présentant comme « fidèle laïc catholique et fils de l’Église », l’auteur de la démarche affirme agir dans un esprit de communion avec l’Église catholique et de respect de l’autorité des évêques. Il précise que son initiative ne constitue ni une contestation de leur mission pastorale ni une remise en cause de leur rôle dans la défense du bien commun.

Dans son document, Jean Thierry Monsenepwo rappelle que l’Église a le devoir d’intervenir sur les questions touchant à la justice, à la paix, à la dignité humaine ou encore à la protection des plus vulnérables. Il estime toutefois qu’une distinction doit être maintenue entre l’enseignement des principes moraux et les choix politiques concrets, lesquels relèvent, selon lui, de la responsabilité des fidèles laïcs.

Le mémoire s’attarde particulièrement sur la question de la réforme constitutionnelle, évoquée dans le communiqué de la CENCO. Selon Jean Thierry Monsenepwo, cette problématique relève du débat politique et institutionnel et ne constitue pas en elle-même une question de foi ou de doctrine.

Il s’interroge ainsi sur les limites de l’intervention d’une conférence épiscopale dans des matières qu’il considère comme relevant de l’appréciation politique des citoyens.

Dans son argumentaire, il soutient que plusieurs options peuvent être légitimement défendues par des catholiques de bonne foi sans que cela n’affecte leur communion avec l’Église. Dès lors, il estime nécessaire de clarifier la frontière entre les principes moraux universels et les choix politiques contingents.

Dans son courrier, Jean Thierry Monsenepwo sollicite du Saint-Siège des précisions sur trois points principaux : les limites doctrinales et canoniques de l’intervention des conférences épiscopales dans les débats constitutionnels, la distinction entre les principes moraux obligatoires et les choix politiques relevant du discernement des laïcs, ainsi que les modalités d’exercice de la liberté politique des fidèles catholiques.

L’auteur du mémoire met également en garde contre le risque de confusion entre autorité spirituelle et engagement politique. Selon lui, une telle situation pourrait créer des divisions au sein de la communauté ecclésiale, réduire la liberté de discernement des fidèles ou encore exposer l’Église à des récupérations partisanes.

Cette démarche intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de l’éventualité d’une révision ou d’une réforme de la Constitution en République démocratique du Congo. Le sujet continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique, de la société civile et des confessions religieuses.

En s’adressant directement aux dicastères compétents du Saint-Siège, Jean Thierry Monsenepwo entend obtenir une clarification doctrinale qu’il juge nécessaire pour préserver, selon ses termes, « la clarté doctrinale, la paix ecclésiale et l’unité des fidèles ».

Signalons qu’à ce stade, aucune réaction officielle du Vatican ni de la CENCO n’a encore été rendue publique concernant cette correspondance.

 

 

 

 

Provinces26rdc.com

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