Le peuple congolais est dégouté par une législature antipatriotique qui a vu tous les pouvoirs bradés au service du régime. Outre l’exécutif comme équipe dont la sélection est corrompue par le parti présidentiel, le judiciaire s’est édenté, la presse est enchaînée et le pouvoir législatif congolais s’est complètement dévalué.
Avec des députés et des sénateurs caméléonesques qui ont quasiment vendu leurs âmes au plus offrant, le peuple n’attend plus rien de leur dernière prestation parlementaire avant de sanctionner.
La rentrée parlementaire de septembre 2023 constitue un non-évènement pour les Congolais au regard des contre-performances enregistrées par leur entière mandature.
Toute la législature n’a été consacrée qu’à des conciliabules politiques de confiscation de la majorité parlementaire en totale violation de la loi. Ainsi, l’Assemblée nationale et le Sénat se sont littéralement compromis en accordant toutes leurs priorités à la satisfaction financière individuelle des députés et sénateurs. Pour la toute première fois depuis l’histoire de notre démocratie, députés et sénateurs ont décidé de se servir plutôt que de servir le peuple congolais.
Toutes les interpellations et motions initiées ont été soit monnayées soit étouffées. Le parlement n’a exercé qu’une fonction fantaisiste pour plaire au pouvoir. L’opposition a été systématiquement écrasée et rendue inaudible. Même le processus de désignation du porte-parole de l’opposition a été intentionnellement ignoré en violation de la loi portant statut de l’opposition en RDC, promulguée en 2007 qui prône le consensus entre opposants au parlement.
L’absence d’un contrôle parlementaire exemplaire à tous les niveaux de gestion des institutions a été déplorée. Enivrés par une dotation salariale faramineuse, les députés et sénateurs ont privilégié des débats dirigés et des coupes de champagne dans le cadre de l’Union Sacrée. C’est ainsi que le chambardement de la majorité parlementaire anciennement FCC en faveur du camp présidentiel a fragilisé la démocratie en République Démocratique du Congo.
Au plan électoral, le parlement, particulièrement l’Assemblée nationale, a désacralisé le processus électoral en allant de violation en violation de la loi. Une commission PAJ précipitamment installée pour la cause a déstructuré la procédure d’entérinement des délégués de bout en bout. La commission paritaire mixte de vérification des dossiers des candidatures des membres de CENI fut incomplètement constituée et arbitrairement exécutée.
La CASE considère que le parlement est à la base de la crise électorale pointue en cours en République Démocratique du Congo. La session parlementaire de septembre est l’accomplissement d’un processus gaspillé. Dans ces conditions, il est illusoire d’aller aux élections sans la représentation de l’Opposition à la CENI pour éviter de reconduire un système politique impopulaire.
Assemblée nationale : la session de septembre écourtée pour laisser la place aux élections

La conférence des présidents a été convoquée le lundi 18 septembre 2023, pour fixer les priorités de la nouvelle et dernière session à l’Assemblée nationale.
Cette session ordinaire de septembre 2023, fait désormais focus sur l’examen et le vote de la loi de reddition des comptes, exercice 2022, ainsi que le projet de finances exercice 2024.
Selon le rapporteur de la chambre basse du parlement, Joseph Lembi Libula, la conférence des présidents a décidé notamment de l’arrêt de la session ordinaire pour le mois de novembre prochain, afin de permettre aux députés nationaux de se préparer pour les élections législatives et présidentielles.
« Ce qu’il faut retenir de cette rencontre est que pour cette session qui est d’ailleurs la dernière de cette législature, le calendrier des travaux sera écourté par rapport aux élections qui se tiendront le 20 décembre de cette année. Nous avons donné priorité à certaines matières, entre autres, la reddition des comptes, le budget de la République pour l’exercice 2024 et quelques projets de ratification. Les échanges ont été fructueux et tous étions d’accord pour l’adoption de ce calendrier de manière plus pratique. La séance plénière de ce mercredi 20 septembre est consacrée à l’adoption de ce calendrier et le vendredi 22 septembre, il y aura une autre plénière sur la reddition des comptes, exercice 2022 », a annoncé Joseph Lembi.
Ouverte depuis le 15 septembre dernier, la session ordinaire de septembre sera exclusivement budgétaire. À cet effet, le bureau de l’Assemblée nationale a déjà réceptionné le projet de budget du gouvernement congolais exercice 2024, chiffré à 16, 6 milliards de dollars américains.
Dans le projet de budget, le gouvernement s’est assigné comme priorités : la sécurité, la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité et le programme du développement de 145 territoires.
case election / Provinces26rdc.com
Joseph Lembi Libula