Intervenant lors d’un Space X animé le 25 mai 2026 par le journaliste Stanis Bujakera, Steve Mbikayi, cadre de l’Union sacrée, a estimé que Félix Tshisekedi disposerait d’une légitimité populaire supérieure à celle dont jouissait Joseph Kabila lorsqu’il avait tenté de toucher à la Constitution. Une déclaration qui relance un débat particulièrement sensible en RDC, dans un contexte où toute évocation d’une réforme constitutionnelle continue de susciter méfiance et crispations politiques.
Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle s’invite de nouveau dans l’espace public congolais. Cette fois, c’est Steve Mbikayi qui en a remis une couche lors d’un échange diffusé le 25 mai sur X, dans le cadre du “Live Space” animé par Stanis Bujakera.
Face aux auditeurs, le cadre de l’Union sacrée a établi une comparaison directe entre le contexte politique actuel et celui qui entourait Joseph Kabila à la fin de son pouvoir.
« Tshisekedi bénéficie d’une légitimité plus grande que celle dont jouissait Kabila à l’époque. Lorsque Kabila a osé toucher à la Constitution, le peuple s’est insurgé. Aujourd’hui, ce même peuple ne réagit pas de la même manière face à cette question, car il se trouve derrière lui », a-t-il déclaré.
Par cette sortie, Steve Mbikayi tente visiblement de soutenir l’idée selon laquelle le président Félix Tshisekedi bénéficierait d’un rapport de confiance plus favorable avec la population que son prédécesseur. Une lecture qui reste cependant loin de faire l’unanimité dans le débat public.
Car en RDC, la question constitutionnelle demeure l’un des sujets politiques les plus explosifs depuis les manifestations ayant marqué les dernières années du régime Kabila. Entre 2015 et 2018, plusieurs initiatives perçues comme des tentatives de prolongation du pouvoir avaient provoqué de fortes tensions politiques et sociales.
Dans ce contexte, l’argument de la “légitimité populaire” avancé par Steve Mbikayi soulève des interrogations. Plusieurs observateurs rappellent qu’en démocratie constitutionnelle, la popularité d’un dirigeant ne constitue pas, à elle seule, un fondement suffisant pour modifier les règles essentielles encadrant l’exercice du pouvoir.
D’autant que la Constitution congolaise comporte des dispositions considérées comme intangibles, notamment en ce qui concerne la forme républicaine de l’État, le suffrage universel ou encore le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Par ailleurs, affirmer que “le peuple est derrière” le chef de l’État reste difficile à établir de manière absolue dans un paysage politique profondément polarisé. Si certains acteurs de la majorité défendent l’idée d’une réforme institutionnelle, l’opposition, des organisations citoyennes ainsi que plusieurs responsables religieux continuent d’exprimer leurs réserves face à toute initiative touchant à la Constitution.
À mesure que le débat revient dans les discours politiques, le pouvoir devra donc composer avec une mémoire collective encore marquée par les crises institutionnelles du passé. En RDC, la question constitutionnelle dépasse souvent le simple terrain juridique : elle touche directement à la confiance politique et aux équilibres démocratiques du pays.
Le Potentiel / Provinces26rdc.com
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