Le vice- premier ministre Jean Baudouin Mayo vient d’instituer, ce lundi 31 août 2020, un Comité mixte impliquant les experts du ministère du Budget, d’un côté, et ceux de la Régideso et de la SNEL, de l’autre. Objectif : assurer le suivi étroit de l’apurement mensuel des arriérés de factures de l’Etat vis-à-vis de ces deux entreprises.
En effet, le président de la République avait, lors de la 45ème réunion du Conseil des ministres tenue à Kinshasa le 21 août 2020, chargé le premier ministre de se pencher sur la compensation du manque à gagner pour la Snel et Régideso. Ces deux sociétés qui sont dans une situation qui risque de les conduire à l’arrêt de leurs activités faute de moyens conséquents.
La gratuité de fourniture d’eau et d’électricité décrétée par le Gouvernement en avril et mai dernier, pendant la crise sanitaire de Covid-19, a davantage déstabilisé la situation financière fragile de la SNEL et de la Régideso. Depuis lors, la facture globale n’a pas été honorée par le Gouvernement.
Des sources recoupées par Zoom Eco convergent à un montant global de factures de deux mois de fourniture avoisinant les 60 millions USD pour la Regideso et la Snel. Sur cette somme, même pas 1% n’a jusque-là été payé par l’Etat.
C’est un véritable manque à gagner pour ces entreprises dont les services ont été rendus aux ménages durant cette période d’état d’urgence sanitaire. Le non paiement de cette lourde facture par le Gouvernement met ainsi la SNEL et la Régideso en difficultés de pourvoir faire face à leurs charges de production et de fonctionnement.
D’où, l’option levée par le Gouvernement de procéder par un apurement échelonné des arriérés de factures dus à ces deux sociétés.
« Le vice-premier ministre a démontré qu’il y a la volonté de l’Etat. Il y a l’instruction de la haute hiérarchie du pays de trouver une solution pour que les deux sociétés puissent avoir mensuellement un paiement régulier. Et pour cela, il a décidé de mettre en place une équipe de travail mixte Snel-Regideso et ministère du Budget pour aller dans les détails et voir comment mettre ce paiement en action », a déclaré à la presse le directeur général de la Snel Jean-Bosco Kayombo.
A ce stade, d’aucuns ne s’expliquent pas comment l’Etat n’a pas été en mesure de payer ces factures au moment opportun alors qu’il a pu bénéficier de l’intervention financière du Fonds monétaire international (FMI) par le mécanisme de la facilité de crédit rapide (FCR) pour notamment faire face aux effets directs et indirects de la pandémie de Covid-19.
Par ailleurs, l’insolvabilité de l’Etat vis-à-vis de la Regideso et de la Snel est légendaire. Les factures de consommation d’eau et l’électricité fournies aux bâtiments publics, camps militaires, hôpitaux publics, résidences officielles, universités et établissements scolaires, … sont difficilement payées par l’Etat. Plus les années avances, plus les arriérés se cumulent et les montants gonflent.

Des Gouvernements qui se sont succédés ont toujours abordé cette question d’arriérés dus à ces sociétés et des décisions ont souvent été prises pour leur apurement sans que le processus n’arrive jusqu’au bout.
Pour ce énième engagement, faudrait-il espérer que l’Etat congolais tienne ses promesses pour ne pas pénaliser les activités de la Regideso et de la Snel avec leur impact négatif sur la pauvre population ?
A en croire le compte rendu de la séance de travail de ce jour entre les deux parties, le Gouvernement semble plus que déterminé. Donc, rassurant d’apurer jusqu’au dernier centime.
Cela implique que le processus d’apurement de cette dette fasse l’objet d’une bonne communication, au nom de la transparence et de la redevabilité de l’action de l’Etat.
Zoom Eco /provinces26rdc.net
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