Ce lundi 1er février 2021, quatre ans se sont écoulés depuis que le leader de l’UDPS a tiré sa révérence. Plusieurs manifestations sont organisées par sa famille biologique, son parti politique et autres sympathisants en sa mémoire.
Deux jours plus tôt, soit le samedi 30 janvier, le magazine «Renaissance africaine», par son DG Freddy Mulumba Kabuayi, également DGA de la RTNC, lui a rendu un vibrant hommage à travers une conférence-débat à la paroisse Notre Dame de Fatima à Kinshasa-Gombe.
Malgré la pluie qui s’est abattue sur Kinshasa ce samedi à Kinshasa dans la matinée, bien de gens ont répondu à l’invitation lancée par le magazine «Renaissance africaine» pour parler de la personne d’Etienne Tshisekedi qui a quitté la terre des hommes le 1er février 2017 à Bruxelles, de suites d’une maladie. C’était une manière pour eux de rendre un hommage bien mérité à cet homme qui a sacrifié la moitié de son temps sur la terre à lutter pour la libération du peuple congolais à travers l’avènement d’un Etat de droit et démocratique. Cela en usant de la non-violence. Cette conférence-débat entre dans le cadre des rencontres qu’organise régulièrement ce magazine, devenu une institution, sur des questions d’actualité et autres évènements en RDC et au monde.
Trois orateurs ont pris, tour à tour, la parole pour aborder des thèmes soigneusement choisis pour se pénétrer de la personne de l’illustre disparu. Freddy Mulumba Kabuayi s’est interrogé sur cette personne qui aura été un opposant atypique. Il ne comprend comment le leader de l’UDPS, qui avait non seulement des atouts, mais aussi des possibilités et des branchements nécessaires à travers le monde pour prendre le pouvoir, a passé toute sa vie comme opposant. La seule nomination qu’il a acceptée, c’est en tant que Premier ministre élu à la Conférence Nationale Souveraine.
Sollicité à plusieurs reprises par les Occidentaux pour accéder à la magistrature suprême, il a rejeté l’offre, déclarant que c’est la démocratie qui l’intéresse avant toute chose. Et le DG dumagazine «Renaissance africaine» de noter que quelques mots reviennent constamment dans les discours d’Etienne Tshisekedi : démocratie, Etat de droit, lutte contre la corruption. Afin de comprendre la personne de cet homme charismatique, il a suivi son itinéraire à partir de sa famille, son parcours scolaire et universitaire et son environnement politique et de travail.
A l’en croire, l’itinéraire de cet homme, à partir de sa famille, a forgé en lui une personnalité inébranlable qu’il fut. Mais, il regrette que les Africains se soucient moins des écrits pour marquer les différentes péripéties de leur histoire afin de nourrir les générations futures. Pour lui, les Africains en général et les Congolais en particulier, doivent écrire leur histoire, sinon la mémoire collective est en danger.
Ancien collaborateur d’Etienne Tshisekedi, Me Ilunga Mpunga, qui compte plusieurs ouvrages sur le leader de l’UDPS qu’il a côtoyé depuis qu’il était étudiant, a parlé du «Peuple d’abord» comme pensée politique. Ce n’est pas une idéologie, mais c’est la raison d’être d’une lutte qui s’est avérée longue et dont la finalité doit être de mettre l’homme congolais au centre de toutes les actions. De sorte qu’il soit non seulement à l’origine de l’impulsion de tout ce qui concourt à son bien-être, mais qu’il en soit aussi acteur et bénéficiaire. Bref, il doit se prendre en charge. Il eut fallu beaucoup de temps pour inculquer cette façon de voir les choses dans le mental des Congolais. Ce qui explique la durée de la lutte sur fond du slogan «Tenez bon l’UDPS vaincra».
Philosophe et professeur d’université, Emmanuel Kabongo Malu s’est appesanti sur les aspects philosophiques de la pensée politique d’Etienne Tshisekedi traduite par «le peuple d’abord». Il note d’entrée de jeu sa prééminence dans les discours des dirigeants progressistes africains et des pères des indépendances africaines. A l’en croire, c’est un discours de réhabilitation de l’homme africain écrasé dans son for intérieur suite à la traite négrière, la colonisation et le néocolonialisme.
La propension de l’Occident, a-t-il fait savoir, est de dominer l’autre. C’est ce qui y caractérise les sociétés. Ce sont les plus forts qui imposaient la loi. Il eut fallu des guerres et des révolutions pour que des peuples aient enfin droit au chapitre et élèvent leurs voix pour la prise en compte de leurs desideratas. L’homme africain en général et congolais en particulier a subi les affres de ces facteurs dégradants précités. Il doit continuellement battre le pavé pour assumer son existence. D’où sa libération a constitué le leitmotiv des pères des indépendances. Il pense qu’Etienne Tshisekedi a donné du contenu à cette pensée en se battant pour la place que doit être celle de l’homme dans le processus de son épanouissement.
Plusieurs témoignages que des questions ont marqué cette conférence-débat. En dépit de ce qu’on pourrait reprocher au leader de l’UDPS, ce qui est inhérent à la personne humaine, la quasi-totalité des participants ont été unanimes sur la contribution combien déterminante d’Etienne Tshisekedi et son parti politique à la lutte pour l’avènement de la démocratie et de l’Etat de droit en RDC dont certaines lueurs sont présentement ressenties.
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