RDC : ville morte décrétée par les Hema pour protester contre l’insécurité à Djugu(Ituri)

Les activités sont paralysées mercredi 18 mars dans la ville de Bunia, en Ituri, suite à la ville morte de trois jours décrétée par la communauté Hema pour dénoncer les tueries de ses membres par des assaillants de la CODECO, dans le territoire de Djugu.

Les boutiques et les magasins se trouvant le long du boulevard de la Libération et sur l’Avenue Ituri sont restés fermés. Les institutions bancaires n’ont pas également ouvert leurs portes. De même que le marché central. Plusieurs stations-service ne sont pas également opérationnelles.

L’association culturelle ENTE qui regroupe les fils et filles de la communauté Hema fustige à travers cette journée ville morte les tueries de ses membres qui sont enregistrés quasi quotidiennement en territoire de Djugu. Selon son porte-parole Vicky Ngona, la Constitution de la RDC leur garantie le droit de se défendre face à ce qu’il qualifie d’extermination des membres de sa communauté. Il dénonce la passivité de l’armée pour mettre fin à ces exactions. Cependant, l’association ENTE se réjouit à ce stade du respect de son mot d’ordre par une grande partie de la population au centre-ville. De leurs côtés, certains habitants déplorent cette initiative qui causent des préjudices énormes à la population dont la plupart vit au jour le jour.

Camp de déplacés de Djugu installé à l’hôpital général de Bunia dans la province de l’Ituri en mars 2018. Radio Okapi/Ph. Jose Deschartes Menga

De nombreux déplacés en provenance de plusieurs villages du territoire de Djugu (Ituri) affluent ces derniers jours vers la ville de Bunia. La dernière vague est arrivée ce mardi 17 mars au site des déplacés de l’ISP et de l’Hôpital général à Bunia.

Ces déplacés ont fui des tueries perpétrées par des présumés miliciens de la CODECO qui se multiplient dans la zone. Composés en majorité des femmes et des enfants, ils vivent dans des conditions difficiles.

Au moins 590 familles sont arrivées sur le site de l’ISP depuis le vendredi dernier. Elles proviennent de plusieurs villages de Djugu ; entre autres Fataki, Maze, Tchee, Bule, Largu, Blukwa, Dhedja Tchele.

Buve Makusi Adelpine, la soixantaine révolue, et sa famille ont fui la nuit de dimanche 15 mars la localité de Tchelé en chefferie de Ndo-Okebo, où des présumés miliciens ont tué des civils. Elle décrit le calvaire vécu :

« Quand les assaillants sont arrivés à Tchélé, ils ont arrêté des gens. Ils ont ensuite commencé à égorger des personnes comme des vaches et des chats ». 

Pendant ce temps, ces personnes déplacées passent nuit dans de mauvaises conditions. Manza-Longa François, gestionnaire de ce site, indique que la capacité d’accueil de ce site ne permet pas d’héberger ces déplacés. Il redoute la résurgence de certaines maladies à la suite de leurs mauvaises conditions de vie.

La commissaire provinciale de l’Ituri en charge des affaires humanitaires, Jeanne Alasha, indique que son gouvernement procède à l’évaluation de leurs besoins en vue de leur apporter une assistance.

Au plus fort d’atrocités à Djugu en septembre 2019, un afflux des personnes déplacées de ce territoire a avait été enregistré sur les sites installés à l’Hôpital général de référence de Bunia et à l’ISP.

Radio Okapi/Provinces26rdc.net

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