Depuis Genève en Suisse, Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a haussé le ton face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
L’est du pays s’enfonce à nouveau. Au cours de deux dernières semaines, les combats entre les forces loyalistes et la rébellion, soutenue par les Forces de défense rwandaises, se sont multipliés dans les territoires de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu. Drones, artillerie lourde et armes explosives ont été utilisés au cœur de zones civiles.
Le haut-commissaire pointe du doigt le prix payé par les populations civiles. « Il est profondément préoccupant de constater que, malgré les accords conclus dans le cadre des processus de paix en cours, les combats se poursuivent sans relâche dans l’est de la RDC, tuant, blessant et déplaçant des civils, et détruisant leurs moyens de subsistance ». Türk faisait référence aux affrontements des 4 et 5 juillet autour de Mulima, à Fizi.
Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme exige un cessez-le-feu immédiat . « J’exhorte les forces armées congolaises et le M23 à renoncer immédiatement à toute nouvelle violence et à agir de toute urgence pour apaiser les tensions ». À haute voix, il appelle également les deux parties « à prendre des mesures concrètes pour protéger les civils à Mulima et dans l’ensemble de la région des Hauts Plateaux de Fizi et de Mwenga ».
Pour Voker Türk, l’usage d’armes lourdes en milieu habité est intolérable. « L’utilisation d’armes explosives à large rayon d’action dans des zones peuplées a des conséquences dévastatrices et doit cesser ». L’ONU craint déjà une nouvelle vague de déplacements vers les pays voisins.
La protection des civils au cœur de l’injonction
Le droit international est rappelé comme un bouclier. « Les deux parties au conflit et leurs alliés ont des obligations claires en vertu du droit international humanitaire de garantir un accès sûr, rapide et sans entrave à l’aide humanitaire à toutes les personnes dans le besoin », a-t-il prévenu.
Genève ne s’arrête pas aux belligérants directs. Kigali est sommé « de cesser de soutenir le M23 et de retirer ses troupes de la RDC ». A Kinshasa, il est demandé « d’intensifier ses efforts en cours pour démobiliser, désarmer et rapatrier les membres du groupe armé Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ».
Le spectre des exactions plane. L’ONU redoute des exécutions illégales et des violences sexuelles liées au conflit si l’escalade continue. Chaque jour de combat accroît la vulnérabilité des communautés des hauts et moyens plateaux.
La solution, selon Türk, passe par une mobilisation immédiate. Le haut-commissaire des droits de l’homme de l’ONU « exhorte les acteurs régionaux et la communauté internationale à agir sans délai pour empêcher une nouvelle escalade de la violence dans les régions des hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu », en s’appuyant sur les processus politiques et diplomatiques existants.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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