Révision de la Constitution : « La paix et la liberté sont menacées, le peuple congolais ne tolérera pas un nouveau déni de démocratie » (Denis Mukwege)

Le Dr Denis Mukwege, lauréat du Prix Nobel de la Paix, a exprimé, via son compte X, son indignation face à l’interpellation brutale du député et président du parti Envol, Delly Sesanga, lors d’une manifestation organisée à Kinshasa contre une possible révision de la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC).

Mukwege a déclaré être « profondément choqué » par cet acte, exprimant sa solidarité envers l’opposant et rappelant l’importance du respect de la Constitution, adoptée en 2006 par référendum populaire comme socle de la démocratie en RDC. Le prix Nobel a alerté sur une « dérive autoritaire » qui menace les libertés fondamentales, inscrites dans ce contrat social et dans les conventions internationales ratifiées par le pays.

Les raisons de l’interpellation de Delly Sesanga

Selon les autorités, la manifestation, à laquelle prenaient part Delly Sesanga et d’autres acteurs politiques et de la société civile, n’avait pas été officiellement annoncée, ce qui a motivé l’intervention de la Police nationale congolaise (PNC). Le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur a justifié l’action de la police, affirmant que l’absence de déclaration préalable avait entraîné des « voies de fait » regrettables et soulignant l’importance de l’annonce préalable des manifestations pour garantir la sécurité de tous.

Jacquemain Shabani, cadre influent de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a ajouté que les forces de l’ordre sont sensibilisées au respect des droits et libertés, tout en précisant avoir pris des mesures pour que Sesanga soit en sécurité et libéré sans délai. Malgré plusieurs tentatives, Shabani n’a pas pu entrer directement en contact avec le leader d’Envol pour s’assurer de son état.

Réactions politiques divergentes

Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, a également pris la parole pour défendre l’action de la police, affirmant que l’interpellation de Delly Sesanga visait avant tout sa sécurité.

“Au Rond-Point Victoire, quelque chose aurait pu arriver à Delly Sesanga et être imputé au pouvoir en place”a-t-il déclaré.

Ajoutant que la police n’a pas procédé à une arrestation formelle puisque le député aurait été encore en garde à vue si tel avait été le cas.

La société civile et l’opposition s’inquiètent de la répression

Le parti Envol a, quant à lui, dénoncé une interpellation « brutale » de son leader, perçue comme une tentative de dissuasion contre toute opposition aux projets de révision constitutionnelle. Mukwege a rappelé dans sa déclaration que les Congolais « n’accepteront pas un nouveau déni démocratique » alors que le pays fait face à de graves défis socio-économiques et sécuritaires, en référence à l’actuelle crise liée à la guerre d’agression et d’occupation qui affecte l’est de la RDC.

Dans un appel retentissant, il a lancé le mot d’ordre : “Ne touchez pas à notre Constitution !”

Et a évoqué l’article 64, qui stipule le droit de tout citoyen à s’opposer à tout acte visant à renverser l’ordre constitutionnel.

Perfection 243/Provinces26rdc.com

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